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Dans l’édition du National Post du 28 mai, on peut lire un article de Dan Ovsey sur l’importance d’être vigilant dans les dossiers de PPP. Voici ma réponse.

Réponse à l’article : « The devil is in the details; P3s› success lies in public sector’s vigilance to hold private sector accountable »

Dan Ovesy a raison lorsqu’il dit que le secteur public doit être vigilant dans les dossiers de partenariats public-privé. Néanmoins, pour les municipalités qui optent pour le modèle PPP, les coûts dépassent largement ce qu’elles en tirent. Même les deux « réussites » que le journaliste cite en exemple ont été critiquées.

Selon le vérificateur général du Canada, la construction du Pont de la Confédération a coûté 45 millions de dollars de plus que ce qu’elle aurait coûté en mode traditionnel. Et le comparateur du secteur public utilisé pour justifier ce PPP a gonflé l’estimation des coûts du traversier pour le Trésor public, question de rendre l’option PPP plus attirante. Malgré la promesse que le tarif de ce pont à péage serait équivalant à celui du traversier, ce tarif vient d’être haussé, ce qui fait du pont la voie d’accès la plus coûteuse.

Le projet Canada Line est un autre bon exemple de PPP mal réalisé. Les contribuables se sont « engagés » à fournir au partenaire privé 100 000 passagers par jour, même si les circuits d’autobus existants n’en totalisaient que 40 000. En outre, les 700 millions de dollars investis par ce partenaire coûtent plus cher que ce qu’il en aurait coûté au gouvernement pour emprunter cette somme. Enfin, la facture totale du projet est très élevée, soit environ 1,7 milliard de dollars pour à peine 20 kilomètres de voies.

Le scepticisme croissant entourant le recours aux partenariats public-privé pour les infrastructures publiques est partagé par de nombreux élus et fonctionnaires municipaux, sans oublier les simples citoyens. Les municipalités sont de plus en plus nombreuses à refuser ces ententes risquées, à mesure qu’on apprend à connaître les dangers des PPP.

Gardons le financement et l’exploitation de ces services là où ils devraient être : dans le secteur public, sous surveillance publique et avec une reddition de comptes publique.

Cordialement

Paul Moist

Président national

Syndicat canadien de la fonction publique