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Une douzaine de délégués se sont réunis au Fishermen’s Hall de Prince Rubert (C.-B.), les 22 et 23 mai, pour la première Conférence provinciale sur les négociations des Premières Nations, organisée par le syndicat des employés d’hôpitaux (Hospital Employees Union ou HEU).

Pour la première fois, des représentants de toutes les nations – Nisga’a, Gitxsan (Gitanyow, Gitwangak), Skidegate (Haida Gwaii), Stz’uminus – se rencontraient pour partager idées et stratégies de négociation.

« Faire en sorte que les quatre nations parlent d’une seule voix pour négocier une convention collective unifiée, c’est très utile », explique Loretta Morgan, conseillère en bien-être de la section locale Gitxan (Gitanyow Human Services Authority).

« Quand on se réunit ainsi, c’est de l’unité, c’est du pouvoir, ajoute l’aîné et intervenant en soutien à la famille Peter Thompson de la section locale Skidegate (Xaaynangaa Naay Health Centre). Chacun doit se présenter avec son propre point de vue pour faire avancer les choses. »

« Je me sens unie aux autres et respectueuse, a déclaré l’aide-soignante Ingrid Seymour de la section locale H’ulh-etn (CFN-Stz’minus Health Unit). Nous nous consolidons d’un seul corps. »

Sheila Seymour (Stz’minus), coordonnatrice de Brighter Futures, est d’accord : « Cette unité nous ouvre de plus grandes possibilités. Et l’espoir. »

Pendant la séance plénière de deux jours, les délégués ont identifié les enjeux prioritaires des négociations. Ils ont aussi réfléchi aux moyens à utiliser pour gagner des appuis à leur cause.

Après les salutations de l’aîné Murray Smith de la nation Tsimshian, en hommage au territoire de l’Alliance des neuf tribus, la coordonnatrice des services du HEU, Kathy Jessome, a présenté un historique fort inspirant des conventions collectives des Premières Nations au sein du HEU. Elle a raconté le long périple du syndicat afin d’obtenir le droit à la syndicalisation, à l’accréditation et à la négociation collective pour les membres des Premières Nations, même s’ils vivent en territoire autochtone ou fédéral.

Cette victoire a été accordée par la Cour suprême du Canada, dans une décision historique rendue le 19 juillet 1999, à la suite de la syndicalisation, par le HEU, des travailleurs de la santé de la nation Gitxsan.

Les délégués ont eu plusieurs discussions sur leurs conventions collectives actuelles. Ils ont aussi partagé leurs stratégies pour faire face au stress (comme la prière, les arts traditionnels et les peintures traditionnelles). Il en est ressorti un fort sentiment de solidarité dans le fait que toutes les nations aient la même convention collective.

Les principaux enjeux retenus sont : l’interprétation, la clarification et l’application des clauses de la convention; la protection contre l’intimidation de l’employeur (y compris la peur de déposer un grief); la charge de travail; la santé et la sécurité (séismes); les horaires et les classes d’emplois; les salaires et les avantages sociaux (y compris l’indemnité d’isolement); et la sous-traitance.

Les délégués ont évoqué d’autres sujets : le manque de financement pour les garderies exploitées par les bandes; la structure des bandes; l’oppression interne; le problème persistant de la colonisation; les traditions culturelles spécifiques à chaque village (devoirs du clan, etc.); enfin, l’isolement géographique (accès aux ambulances et au transport en commun; accès routier lors d’un glissement terrain).

La secrétaire-directrice administrative du syndicat, Bonnie Pearson, a parlé des problèmes et des défis spécifiques aux membres du HEU appartenant aux Premières Nations, tout en reconnaissant l’existence de thèmes qui touchent tous les membres du syndicat, comme la charge de travail, le manque de personnel, le stress, l’épuisement professionnel, la santé et la sécurité.

Mme Pearson a aussi parlé du résultat des élections provinciales et de ce qu’il faudra faire avec le gouvernement libéral réélu : « Les Libéraux doivent reconnaître la valeur des employés du secteur public. Nous devons rétablir le respect des gens qui fournissent les services publics. Il est important d’avoir des services publics stables, bien dotés en personnel et bien financés. Et ce que vous faites au sein de vos conseils de bande et de vos nations est vital en ce sens. Les diverses composantes des soins de santé travaillent bien lorsqu’elles travaillent toutes ensemble. »

« Les gens opprimés ont peur, explique Lydia Stephens, conseillère en bien-être communautaire de la section locale Nisga’a Valley Health Board (Greenville Health Center). L’époque des pensionnats est révolue. Je veux que mes confrères et consœurs soient forts et aient une voix forte. J’aimerais nous voir obtenir une convention collective unifiée qui couvre tous les membres des Premières Nations. Pour profiter de la force du nombre. C’est bien de savoir que nous vivons les mêmes problèmes que nos confrères et consœurs non autochtones, et que ces derniers nous appuient. »

« Nous avons besoin de syndicats forts dans chaque communauté, ajoute la préposée au déplacement des patients Karen Leeson de la section locale Nisga’a Gitwinksihlkw (Canyon). Nous réunir ainsi nous apporte force et égalité. »

« Le point le plus important, c’est de réaliser que nous vivons les mêmes choses, renchérit la réceptionniste et préposée au transfert des patients Crystal Zeller de la nation Skidegate (Xaaynangaa Naay). Nous sommes isolés dans nos collectivités, mais en se réunissant ainsi, on se sent moins seul. »

Le Hospital Employees› Union (HEU) est la division santé du SCFP-Colombie-Britannique.