Message d'avertissement

Attention : cette page est tirée de nos archives. Il se pourrait que notre site Internet contienne des informations plus récentes sur ce sujet. Pour le savoir, utilisez notre moteur de recherche.

L’accès à l’eau potable dans les communautés autochtones canadiennes demeure un problème national, mais les équipes de l’aqueduc de la ville de Nanaimo affiliées à la section locale 401 du SCFP ont trouvé une partie de la solution : un programme de mentorat novateur auprès de la Snuneymuxw First Nation (SFN). Lancé en novembre dernier, ce programme permet à des travailleurs de la SFN de suivre les syndiqués du SCFP 401 au travail, afin d’apprendre les bases de la maintenance d’un aqueduc de qualité.

« Nous aidons les employés de la SFN à se familiariser avec les tâches régulières qui composent la maintenance d’un réseau de distribution de l’eau potable, y compris les réparations d’urgence et l’installation de composantes, raconte Blaine Gurrie, président du SCFP 401 et membre de la coalition Water Watch de l’île de Vancouver. Étant donné le succès de notre programme, nous comptons maintenant l’offrir aux autres communautés autochtones de l’île. »

Cette expansion du programme ferait taire l’argument selon lequel ces communautés n’ont pas l’expertise ou la main-d’œuvre qualifiée nécessaires pour gérer un aqueduc public. M. Gurrie souhaite que les prochains accords entre les conseils des Premières Nations, le SCFP, les autorités régionales, les municipalités et les districts d’amélioration qui contrôlent les aires d’approvisionnement en eau constituent une bonne solution publique à l’approvisionnement de tous les résidents de l’île en eau potable.

« Ce modèle permet aux communautés autochtones d’approvisionner en eau potable les régions qui leur sont confiées, sans autre aide du gouvernement qu’un financement, explique M. Gurrie. Nous avons prouvé, par l’exemple, qu’on peut transférer l’expertise en gestion d’aqueduc sans l’intervention d’un partenaire privé. »

En 2010, le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi intitulé Loi concernant la salubrité de l’eau potable sur les terres des Premières Nations (maintenant appelé le projet de loi S-8), afin d’instituer des normes de santé et de sécurité, sans prévoir l’aide à la formation nécessaire pour les respecter.

Peu après le dépôt de ce projet de loi, le SCFP et le Conseil des Canadiens ont publié un rapport intitulé Eau publique à vendre : Comment le Canada va privatiser nos systèmes publics d’eau , dans lequel ils prévenaient la population contre le risque que l’Accord économique commercial et global (AÉCG) canado-européen permette aux services d’eau européens comme Suez et Veolia de contester les mesures locales de conservation de l’eau et d’interdiction de l’eau embouteillée à titre de barrières commerciales inéquitables. Ce rapport souligne que « le secteur privé aura la capacité d’annexer les Premières nations comme propriétaires et exploitants des réseaux d’alimentation en eau et de leur assainissement en raison du manque d’infrastructure, de ressources et de formation au sein des Premières nations ».

« Ensemble, l’AÉCG et le projet de loi S-8 pourraient empêcher les Premières Nations de bâtir, de posséder et d’exploiter leurs propres réseaux de distribution et d’assainissement des eaux, ajoute M. Gurrie. En ne fournissant pas la formation requise pour que sa loi soit applicable, le fédéral ouvre encore plus grand la porte à la privatisation de l’eau. »

La ville de Nanaimo compte parmi le nombre croissant de municipalités à avoir adopté le projet Communautés bleues , fondé sur le principe voulant que l’eau soit un droit de la personne et dont est issu le projet de mentorat avec la SFN.