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Privilégiés par le gouvernement Harper, les scénarios de nouveau pont Champlain en partenariat public-privé (PPP) pourraient coûter plus du double par rapport au mode public. L’ingénieur civil René Therrien a présenté une solution publique estimée à 1,7 milliard de dollars, au lieu des 5 ou 6 milliards qui circulent pour les projets en PPP.

Le projet de M. Therrien, expliqué également au www.solutionpontchamplain.com, serait aussi le plus écologique, notamment parce qu’il réutiliserait l’ensemble de la structure métallique, toujours saine, du pont actuel. Basé sur la construction de chaussées parallèles à la structure existante, il permettrait même d’éliminer pratiquement les embouteillages pouvant découler des travaux.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui possède une expertise considérable en matière de PPP, s’intéresse vivement à cette avenue.

« Le seul avantage potentiel clair des PPP, selon l’économiste et expert en la matière John Loxley, c’est le partage du risque économique. Dans le cas des infrastructures routières, le grand risque est celui du ‘trafic’: l’infrastructure sera-t-elle achalandée ou non? Pour le pont Champlain, qui est éminemment stratégique, la réponse est évidente: il sera achalandé, c’est certain. Le ‘risque de trafic’ est donc nul; inutile de le partager avec un partenaire privé », a expliqué Pierre-Guy Sylvestre, économiste au service de la recherche du SCFP, qui a assisté à la présentation.

« Le grand handicap des PPP qui fait exploser les coûts des grands projets, c’est celui du financement. Nos gouvernements peuvent toujours emprunter à bien meilleur taux que n’importe quelle grande entreprise. Un pont Champlain en PPP ferait donc passer le contribuable à la caisse pour des taux d’intérêt gonflés. »

« Tout ce dont le Québec a besoin dans ce dossier, c’est un examen pragmatique et rigoureux des possibilités. Difficile d’expliquer l’attrait des PPP pour le gouvernement Harper autrement que pour des motifs idéologiques. Pourtant, au Québec, le modèle PPP accumule échec par-dessus échec, qu’on pense au CUSM, au CHUM, aux haltes routières, à la salle de l’OSM, ou qu’on se réfère aux rapports du vérificateur général du Québec »,a rappelé l’économiste.

Enfin, le SCFP s’inquiète du rôle que jouera à l’avenir la société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain Inc. Cette société est chargée de gérer, d’exploiter et d’entretenir le pont actuel. Ses employés, représentés par le SCFP, possèdent une vaste expertise.