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Les partenariats public-privé (PPP) sont coûteux et échappent à une bonne supervision publique et démocratique. En associant financement des infrastructures et privatisation des infrastructures publiques, le gouvernement fédéral conservateur cherche à forcer des municipalités comme Saint John à accepter un PPP risqué sans en examiner rigoureusement les coûts.

Monsieur le rédacteur en chef,

Objet : Vous voulez une meilleure eau? Négociez un PPP (Want Better Water? Negotiate a P3)

Les partenariats public-privé (PPP) sont coûteux et échappent à une bonne supervision publique et démocratique. En associant financement des infrastructures et privatisation des infrastructures publiques, le gouvernement fédéral conservateur cherche à forcer des municipalités comme Saint John à accepter un PPP risqué sans en examiner rigoureusement les coûts.

Or, l’avenir du réseau d’eau de Saint John devrait être déterminé en fonction du meilleur intérêt de la ville et des citoyens, et non pas en fonction de ce que préfère Ottawa.

Mentionnons seulement quelques-uns des désavantages des PPP. Votre journal cite l’usine de traitement des eaux usées de Moncton comme exemple de PPP réussi, mais l’article omet de dire que la taxe d’eau a monté en flèche, de 75 pour cent, après l’octroi du contrat en 1998. Aujourd’hui, l’eau potable coûte beaucoup plus cher à Moncton que dans la plupart des villes canadiennes.

Moncton se méfie des PPP de nos jours, avec raison. Récemment, son conseil municipal a rejeté une offre de PPP pour la mise à niveau de l’aqueduc, après qu’une étude indépendante a démontré que le mode PPP serait plus coûteux que l’option publique.

Les gens de Saint John continuent d’entretenir de graves inquiétudes envers la possibilité qu’une société privée, à but lucratif, assure la distribution de l’eau potable dans leur ville. Selon un sondage du SCFP réalisé aux dernières élections municipales, 62 pour cent des électeurs de Saint John s’opposent à un PPP.

La décision que prendra le conseil municipal quant à l’avenir du réseau d’eau devra se fonder sur des recherches indépendantes, une analyse poussée et une consultation publique, au lieu du dangereux « engagement inébranlable » envers les PPP que réclame votre journal.

Le SCFP souhaite encourager les conseillers municipaux à poser les questions épineuses et à examiner avec soin les risques associés aux PPP. Dans cet esprit, je leur recommande notre nouvelle publication intitulée Poser les bonnes questions : un guide à l’intention des élus municipaux envisageant les PPP. Ils y trouveront un portrait complet de ce qu’un PPP entraînera pour Saint John.

Veuillez agréer, monsieur, mes salutations distinguées,

Paul Moist

Président national du Syndicat canadien de la fonction publique

  

Vous voulez une meilleure eau? Négociez un PPP

Titre original : Want better water? Negotiate a P3

New Brunswick Telegraph-Journal
Mardi le 2 octobre 2012
Page A6
Section Opinion

Le maire et les conseillers municipaux de Saint John ont obtenu l’assurance que le fédéral financera la nouvelle usine de traitement des eaux usées si la ville conclut un partenariat public-privé avec l’appui du provincial.

Le conseil a réussi à persuader les représentants fédéraux que la population est prête au PPP; il lui reste à démontrer son propre engagement. Si les conseillers se mettent à remettre en question le modèle du PPP ou à tenir des propos alarmistes, comme l’ont fait leurs prédécesseurs, ils risquent de torpiller l’obtention de ce financement.

La population n’a pas oublié tout le lobbyisme syndical dirigé contre les candidats qui soutenaient les PPP en matière d’eau pendant les élections municipales de 2008. Ils n’ont pas oublié, non plus, les conséquences de l’élection d’un conseil dominé par des idéologues anti-PPP. Alors que d’autres collectivités canadiennes procédaient à la mise à niveau de leurs réseaux d’eau avec l’aide du fédéral, le dernier maire de Saint John et son conseil municipal ont fait fi du grave problème de l’eau; ils n’ont pas respecté l’exigence du fédéral, soit celle de signer un PPP pour obtenir une aide financière fédérale; bref, en quatre ans, ils n’ont progressé en rien dans cet important dossier.

À la lecture des commentaires récemment formulés par le conseiller Donnie Snook, je constate que certains conseillers ne comprennent toujours pas la nature d’un PPP ni le fait que la ville pourrait retenir les services d’une compagnie pour la construction et la gestion d’une nouvelle usine de traitement, tout en conservant le plein contrôle de l’approvisionnement en eau et de la qualité de l’eau. C’est ce qu’a fait Moncton, ce qui a permis une amélioration considérable et permanente de la qualité de son eau. Si les conseillers voulaient bien regarder au-delà de la rhétorique protectionniste du SCFP et étudier les faits, ils verraient qu’un partenariat public-privé, ça peut marcher.

Le maire Norton mérite des félicitations pour avoir réussi à convaincre le président de PPP Canada, John McBride. La méfiance de M. McBride envers l’engagement de la ville était fondée lorsqu’il soulignait que « PPP Canada ne constate pas dans ce dossier le genre de progrès qu’elle souhaite voir habituellement ». Le premier ministre Alward semble aussi convaincu qu’il est possible de s’entendre sur le partage des coûts.

Les promesses de financement pourraient s’envoler rapidement si les conseillers et le personnel de la ville ne s’engagent pas de manière inébranlable à conclure une entente tripartite de financement en PPP d’ici juin, date butoir du fédéral.