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La Conférence autochtone annuelle du SCFP-Saskatchewan, qui a eu lieu les 14 et 15 juin, portait sur l’eau, un besoin pressant pour beaucoup de communautés autochtones. Assistaient à l’événement 36 membres du SCFP se définissant comme Autochtones, qu’ils soient des Premières Nations, Métis ou Inuit. C’était une première expérience pour beaucoup d’entre eux.

Un aîné partage sa sagesse avec les délégués

L’aîné Dexter Asapace, de la Première Nation Kawacatoose, a béni la conférence par une prière. Il a dit aux délégués que lorsqu’il grandissait, il a profité de la sagesse que lui ont transmise ses aînés. M. Asapace vient d’une grande famille et il a connu bien des moments difficiles, dont un séjour de trois ans dans un internat.

« J’ai beaucoup jeûné dans ma vie.  Je demandais de la force, a raconté M. Asapace. Je suis un Cri traditionnel. Et je n’ai jamais perdu cette identité lorsque j’étais à l’internat. »

Il a expliqué aux délégués qu’il avait appris à ne juger personne. « Mon père m’a dit : ‘Tu seras jugé un jour par le Grand Esprit. Tu n’as le droit de juger personne.’ » Dexter Asapace a souligné qu’il y a un bon et un mauvais côté à la vie. « Chaque jour nous met à l’épreuve. Quelqu’un rendra la journée misérable. Mais essayez d’aider, ne faites pas de commérages. »

« La vie est précieuse. Prenez soin de vos enfants. Prenez soin de vous. Votre humilité sera mise à l’épreuve tous les jours. »

M. Asapace a aussi abordé la question de l’eau. « Autrefois, il n’était pas question de purifier l’eau. Nous buvions la neige. Nous buvions la même eau que les chevaux et le bétail. Nous buvions l’eau que le Créateur nous avait donnée. Maintenant, on ne peut plus faire cela. »

L’aîné a avoué qu’il n’aurait jamais pensé devoir acheter de l’eau un jour. Mais, à cause des avis de faire bouillir, c’est ce qu’il a dû faire.

« Il y a longtemps, nous faisions notre lessive dans d’étang. Notre sèche-linge était le vent. Nos cordes à linge étaient les arbres. »

Mais aujourd’hui, l’eau est contaminée. « Et la situation s’aggravera, a averti Dexter Asapace. Un jour, nous serons punis pour cela. Un jour, nous n’en aurons plus. Un jour, il y aura un déluge. »

Il a parlé de la diminution du nombre d’animaux et d’oiseaux, de la survie et du manque de respect dans les communautés d’aujourd’hui.

« Dieu nous a donné des mains, des yeux, une bouche, pour que nous puissions nous en servir à bon escient, a-t-il conclu. Tout ce que nous faisons en ce bas monde, nous devrons un jour en payer le prix. »

Des cours sur l’eau offerts par la FEPS

Nicole Biederback, directrice de la Fondation pour une eau potable sûre (FEPS), a présenté un aperçu des programmes et projets sur l’eau destinés aux écoles. Les cours sont conçus pour des élèves de tous les niveaux, de la maternelle à la 12eannée. Tous les programmes prévoient une composante d’action qui incite les élèves à informer leurs parents, leurs amis et la collectivité, par exemple en créant des affiches, en organisant des soirées d’information, ou même en produisant des publicités à la radio.

Les cours sont « Opération goutte d’eau », qui montre aux enfants à étudier leur eau et à la comparer aux normes nationales; « Opération biologie de l’eau », qui montre comment utiliser les plantes pour traiter l’eau plutôt que des produits chimiques; et « Opération esprit de l’eau ».

Le cours Opération esprit de l’eau est offert en anglais et en cri. Il montre aux élèves à voir l’eau selon la perspective des Premières Nations. Les élèves apprennent que tout le monde ne dispose pas d’une eau potable salubre. On peut trouver de plus amples détails sur le site Web de la Fondation, à www.safewater.org. Allez à l’onglet Éducation et cliquez sur Education Cree. Le site Web propose aussi d’autres articles sur l’eau.

Les conférenciers saluent les délégués et partagent de l’information

Aina Kagis, directrice régionale de la Saskatchewan, a souligné que le dernier numéro du magazine canadien sur l’automobile Westworld présente un article intitulé Gabriel’s Country: Paddling the South Saskatchewan(Le pays de Gabriel : en canot dans le sud de la Saskatchewan). MmeKagis a expliqué que l’article soutient que la révolte de Riel n’était pas une rébellion, mais plutôt une guerre civile, où les gens se battaient pour leur terre natale.

« C’est un privilège d’être avec vous, a affirmé Aina Kagis aux délégués. Merci de m’avoir invitée. »

Judy Henley, secrétaire-trésorière du SCFP-Saskatchewan, a parlé de la structure du SCFP. Elle a expliqué le fonctionnement du SCFP et des comités et de la possibilité pour n’importe quel membre du SCFP de se présenter à un poste à l’exécutif ou de siéger à un comité.

Don Moran, agent principal des affaires autochtones du SCFP, a raconté sa propre histoire et décrit les barrières qui se dressent devant les Autochtones qui veulent occuper un poste élu ou obtenir un emploi au SCFP. Il a souligné le sentiment d’isolement, par exemple lorsqu’on participe « à une activité et qu’on est la seule personne à la peau un peu foncée dans la salle ». Pour lui, il faut se faire des alliés et il y en a « beaucoup dans le monde ».

Même le langage syndical peut être un problème. « Délégué syndical en chef, c’est difficile quand on est un Indien », a expliqué M. Moran.

Il a raconté qu’il avait été envoyé à Cypress Hills pour l’une de ses premières affectations comme conseiller syndical. C’est le pays des cowboys et M. Moran s’est buté à de nombreux stéréotypes, et il s’est rendu compte qu’il avait quelques préjugés lui aussi.

« Ne le dites pas si ce n’est pas gentil, a-t-il conseillé aux délégués. Ça marche dans notre syndicat. Les gens finissent par respecter cela. »

Brian Barron, vice-président de la diversité du Conseil exécutif national du SCFP, est venu saluer les délégués et il a revendiqué son identité autochtone. Il a raconté son expérience dans un milieu de travail hostile, où on ne lui confiait que des tâches manuelles et où toutes les promotions lui échappaient.

« J’ai connu quelques expériences extraordinaires dans notre syndicat, a rappelé le confrère Barron.  Les défis auxquels nous sommes confrontés ne disparaissent jamais. Nous devons vraiment étudier la situation. Nous devons trouver des ouvertures. Nous devons changer et nous adapter pour rendre notre syndicat plus compréhensif. »

Il a conseillé aux délégués de ne jamais laisser d’autres déterminer leur avenir à leur place. « Nous sommes tous dans le même bateau, peu importe la couleur de notre peau. »

Élus assermentés

Les délégués se sont levés lorsque Judy Henley, secrétaire-trésorière du SCFP-Saskatchewan, a assermenté les membres des comités nouvellement élus. Heather Acoose a été élue membre du Conseil exécutif. Elle est membre de la section locale 3967 du SCFP et travaille au Pioneer Home comme cuisinière et aide-diététiste.

Nakota Hassler, de la section locale 3967 du SCFP, aide-soignante en soins continus au centre de santé Wolseley Memorial Independent, a été élue suppléante.

Trois membres de comités ont aussi été élues pour des mandats de deux ans : Colleen Bear, section locale 3967 du SCFP, qui travaille à l’Hôpital Broadview Union comme coordonnatrice de la santé autochtone; Jodi Goslin, section locale 5999 du SCFP, qui travaille à l’Hôpital St. Joseph’s comme adjointe, réceptionniste et téléphoniste; et Carmel Mitchell, section locale 21du SCFP, qui est caissière aux grandes installations de la Ville de Regina.

Les délégués ont reçu du foin d’odeur en quittant la conférence et ont rapporté à la maison des prix de présence et de tirage remis pendant le décompte des votes.

Heather Acoose, Colleen Bear et Sheila Le Doux, du Conseil autochtone, ont organisé la Conférence autochtone de 2012, avec l’aide de la secrétaire-trésorière du SCFP-SK Judy Henley et des conseillers syndicaux Lois Lamon et Tony Head.

Une soirée d’ouverture réussie

La conférence s’est ouverte jeudi soir sur le spectacle de l’artiste métis Donny Parenteau, présenté avant la soirée sociale. M. Parenteau a offert son spectacle dans plus de 40 écoles au cours des cinq dernières années. Cette année, avec le soutien du SCFP-Saskatchewan, il a visité 15 écoles. Le diaporama que présente Donny Parenteau est inspiré de sa vie et vise à aider les élèves à s’exprimer parce que « quand on ne peut pas parler, on est vulnérable à l’intimidation ».

Pour lui, cela ne suffit pas de parler aux enfants; ils doivent pouvoir répondre. Les six points qu’il a mis en pratique pour réaliser son rêve de jouer au Grand Ole Opry sont : rêver, croire, visualiser, essayer, sacrifier et accomplir. Et il y en a un septième : ne jamais renoncer.

« Je vois beaucoup d’élèves perturbés, avoue M. Parenteau. J’essaie de les inciter à se servir de leur voix et à parler aux parents et aux enseignants. »

Après le diaporama, Donny Parenteau et son orchestre ont ravi tout le monde par leur musique. Ils ont interprété de nombreuses demandes spéciales, dont des airs de violons, des favoris country et des chansons de son album mis en nomination aux Junos de 2012, To Whom It May Concern