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La toute première Conférence des travailleurs municipaux de l’Est s’est terminée par une série d’excellents conférenciers et une activité publique réussie contre l’AÉCG, l’Accord économique et commercial global.

Mario Fontaine, président du Conseil provincial du Québec, secteur municipal, a démarré la journée en partageant l’expérience qui a permis de ramener à l’interne la cueillette des ordures à Sherbrooke, en proposant des moyens concrets pour lutter contre la privatisation. Il a souligné que, bien que le secteur privé puisse paraître moins cher, les coûts aux résidents augmentent dès que la municipalité se défait de son expertise et de ses équipements.

M. Fontaine a expliqué la campagne qu’a menée sa section locale à Sherbrooke, rappelant que pour combattre la privatisation, une section locale doit amasser de l’information sûre, avec des données exactes. Pour bien défendre les services qu’elles fournissent en vertu de leurs conventions collectives, les sections locales doivent participer à des coalitions, tisser de bons liens avec les médias et gagner l’appui de la population.

Une activité anti-AÉCG rapproche syndiqués et grand public

La population s’est jointe aux participants à la conférence, le temps d’une assemblée publique sur l’AÉCG, le traité commercial canado-européen qui se négocie à huis clos.

Le président national du SCFP, Paul Moist, a expliqué aux quelque 300 personnes rassemblées que l’AÉCG, en plus de s’attaquer aux services publics, ne ressemble à aucun traité antérieur : « Il s’agit d’accorder à l’Union européenne un accès à tous les niveaux de gouvernement et d’approvisionnement, à tous les services qui font l’objet d’appels d’offres dans tous nos corps publics : gouvernements fédéral et provinciaux, administrations municipales, sociétés de la Couronne, transport public, lignes aériennes, services sociaux et de santé – la plupart des domaines exclus de l’accord de libre-échange avec les États-Unis et de l’accord entre le Canada, le Mexique et les États-Unis se trouvent sur la table de négociation. »

L’AÉCG prévoit une prolongation des droits de propriété intellectuelle qui forcera les Canadiens à débourser près de 3 milliards de dollars de plus chaque année pour les médicaments sous ordonnance, au profit des grandes pharmaceutiques. « Les Canadiens ne veulent pas une hausse de prix des médicaments. En fait, nous voulons une baisse, grâce à de nouvelles politiques et à un programme national d’assurance-médicaments accessible à tous les Canadiens », a dit M. Moist sous les applaudissements de la foule.

Ken Thompson, vice-président du Conseil régional du travail de Moncton, a partagé son expérience de la lutte du milieu de Moncton contre la privatisation de son eau, il y a une dizaine d’années. « L’AÉCG érodera encore plus nos droits et nos services publics; il nous empêchera même de prendre des décisions localement. Le Canada doit se doter d’une politique nationale de l’eau pour calmer la cupidité des privatiseurs. »

La présidente nationale du Conseil des Canadiens, Maude Barlow, a déclaré que les Européens souhaitent obtenir un accès permanent à nos ressources : « Ils se ruent sur nos diamants, notre or, notre pétrole, notre gaz naturel, notre uranium, notre potasse, notre nickel, notre charbon… et notre poisson. L’Europe tente de faire lever les restrictions à l’exportation de poisson cru et de permettre aux sociétés européennes d’acheter les permis de pêche actuellement réservés aux pêcheurs canadiens. »

Selon une étude récente de la Banque mondiale, d’ici 2030, la demande mondiale en eau excèdera l’offre par 40 pour cent. « Déclarera-t-on, dans le monde, que l’eau est un bien commun, public et un droit humain? a lancé Mme Barlow. Ou la mettra-t-on en vente au plus offrant, comme s’il s’agissait d’espadrilles ou de Coca-Cola? L’AÉCG transformera des ressources comme l’eau en marchandises. »

On a invité les participants à signer une carte postale d’opposition à l’AÉCG.

Régimes de retraite, eau et action politique

L’après-midi s’est conclu par les présentations de trois autres conférenciers. Kevin Skerrett, chercheur au SCFP, a parlé des régimes de retraite dans le contexte actuel, en expliquant la nuance entre régime à prestation définie et régime à cotisation définie. Il a aussi démonté certains mythes et proposé dix stratégies pour les régimes de retraite.

Quant à lui, Danny Cavanagh, président du SCFP-Nouvelle-Écosse, a parlé de l’eau et des dangers de la sous-traitance. « L’eau est un droit de la personne qui devrait être garanti pour tous, a-t-il dit. Elle est essentielle à la santé humaine et à la survie. » Il a également souligné que « la table est mise », avant de parler de nos défis devant la sous-traitance.

Enfin, Michel Boudreau, président de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Nouveau-Brunswick, a prononcé la dernière allocution. Son discours portait sur l’action politique. Il a rappelé aux participants qu’ils sont « le seul groupe à pouvoir élire ses patrons » et qu’ils devraient donc consacrer leur temps à élire les gens qui les appuieront au lieu de le consacrer à tenter d’empêcher quelques brutes de sévir.

Marc Doiron, président du Conseil des employés municipaux du Nouveau-Brunswick, affirme que près de 50 sections locales étaient représentées à la Conférence des employés municipaux de l’Est. « Nous avons été mis au fait de ce qui se passe au chapitre de la privatisation, de l’AÉCG et des régimes de retraite, chose qui n’est pas toujours facile lorsqu’on travaille dans de petites municipalités. Plus on en parle, plus on apprend. » M. Doiron a souligné la pertinence de cette conférence, qui devrait revenir l’an prochain, à tout le moins.