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L’eau est une ressource essentielle à la vie. Pourtant, le gouvernement des conservateurs de Stephen Harper n’accorde aucune importance à la protection et à la préservation des ressources en eau du Canada.

Ce qu’ont fait les conservateurs

Dans le discours du Trône de 2007, les conservateurs de Harper avaient annoncé la mise en place d’une Stratégie nationale de l’eau pour dépolluer nos principaux lacs et nos océans et pour faciliter
l’accès des Premières Nations à une eau potable saine. Cette supposée stratégie n’était en fait
qu’un assemblage disparate de propositions de financement, qui n’a jamais abouti à un plan national sensé d’investissement ou de protection pour nos ressources et nos services d’eau.

Il y a toujours 49 collectivités des Premières Nations aux prises avec une eau insalubre; 114 sont sous un avis d’ébullition d’eau. En 2010, le gouvernement n’a alloué que 330 millions de dollars sur 2 ans pour la poursuite de la Stratégie de gestion de l’eau des Premières Nations et l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans les réserves et en 2011, il n’a fourni aucun financement nouveau. Priver une collectivité de l’accès à une eau potable de qualité pour équilibrer ses financesest une stratégie désastreuse.

En 2007, le gouvernement a inauguré le Fonds Chantiers Canada et investi 8 milliards de dollars dans les infrastructures. Les services municipaux d’eau potable et de traitement des eaux usées ont reçu une partie de l’argent de ce programme à frais partagés, mais cette allocation de fonds n’a comblé qu’une infime partie du déficit de 31 milliards de dollars.

En 2008, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a ajouté au Fonds Chantiers Canada le Fonds des PPP, qui fait explicitement la promotion de la privatisation. Ce fonds de 1,25 milliards de dollars subventionne généreusement les infrastructures publiques sous forme de partenariats public-privé pour les gouvernements des provinces, des territoires, des municipalités et des Premières Nations. C’est une société d’État, PPP Canada Inc., qui administre ce fonds et sollicite activement les propositions des municipalités dans une multitude de projets d’infrastructures, dont les services d’eau et le traitement des eaux usées. Plusieurs villes du Canada ont fait une demande de financement pour leurs services d’eau potable depuis la création de ce fonds.

En 2010, Environnement Canada a adopté de nouveaux règlements pour améliorer la qualité
des eaux usées qui sont déversées dans les fleuves et les cours d’eau du pays. Près de 1 000 services de traitement de l’eau et des eaux usées pourraient devoir être modernisés, au coût prévu de plus de 20 milliards. Le gouvernement fédéral est toutefois resté muet sur les sources où il va puiser le financement de ces travaux de réfection.

Malgré les risques bien documentés de la privatisation et à cause des orientations du gouvernement conservateur de Stephen Harper au cours des cinq dernières années, les municipalités et les Premières Nations se sont vu fortement incitées à privatiser le financement, la gestion, le fonctionnement, l’exploitation et l’entretien de leurs services d’eau.

Cette pression en faveur de la privatisation est le résultat du sous-financement et de la négligence mais aussi de l’intervention du gouvernement fédéral à travers PPP Canada Inc., qui cherche à promouvoir les partenariats public-privé pour les services d’eau et les usines de traitement des eaux usées dans tout le pays.

Les faits

Le projet d’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG) pose une menace sans précédent aux services d’eau du Canada. C’est la toute première fois que les négociateurs d’un accord de commerce international prévoient y inclure les services municipaux d’eau potable et de traitement des eaux usées. Cet accord ouvrirait aux plus grandes multinationales de l’eau, qui ont leur siège en Europe, le marché canadien des services publics de l’eau.

Le piètre état denos systèmes de traitement de l’eau et les solutions inadaptées de notre gouvernement font des services d’eau potable et d’assainissement de l’eau du Canada une cible de choix pour une prise de contrôle du secteur privé. En 2007, après des années de laisser-aller, d’abandon et de négligence, le déficit des infrastructures d’eau des municipalités canadiennes était évalué à 31 milliards de dollars.

Les municipalités doivent aussi assumer des dépenses de 20 milliards pour la rénovation des systèmes d’eau imposée par la nouvelle réglementation fédérale.

Depuis les dernières années, l’eau est de plus en plus considérée comme une denrée lucrative par le secteur privé et la pénurie qui s’annonce aux États-Unis a mis sur le tapis la question de l’exportation en vrac de notre eau.

Par leurs effets sur les bassins hydrographiques et les infrastructures d’eau, les changements climatiques contribuent à détériorer la qualité de notre eau et à diminuer les niveaux de nos cours d’eau; c’est pourquoi il est urgent d’agir.

De précieuses réserves d’eau, comme les Grands Lacs ou la région qui entoure les zones d’exploitation des sables bitumineux, ont besoin d’être protégées, restaurées et nettoyées. Malheureusement, le Canada affiche jusqu’à maintenant un bilan environnemental désolant : il est classé 46e sur 143 pays par l’Indice de durabilité environnementale (IDE).

De meilleurs choix

Notre prochain gouvernement fédéral devra :

  

  • reconnaître l’eau comme un droit fondamental et concrétiser ce principe en créant et en finançant une stratégie nationale de l’eau;

  

  • s’engager dans une stratégie à long terme pour protéger la distribution et le contrôle publics de notre eau tout en mettant au premier plan la consultation avec les collectivités des Premières Nations et le financement public des systèmes d’eau potable;

  

  • établir un Fonds national pour l’eau du réseau public, afin de partager entre les gouvernements provinciaux et municipaux le financement de la rénovation des infrastructures d’eau potable et de traitement des eaux usées;

  

  • exclure les services d’eau (distribution et traitement) de toutes les dispositions de l’Accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le Canada (AECG).

Selon des sondages récents, 78 pour cent des Canadiens approuvent un financement du fédéral pour les prochaines années afin de remédier au déficit de nos infrastructures. Les dépenses d’infrastructures consacrées au traitement de l’eau potable et des eaux usées sont indispensables pour assainir nos réserves d’eau, économiser l’eau et adapter nos infrastructures aux nouveaux défis posés par les changements climatiques.

Fiche d'information : eau