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Le SCFP donne 20 000 $ de plus pour concrétiser son engagement envers la reconstruction

Le dirigeant syndical haïtien Dukens Raphaël a soulevé l’enthousiasme des délégués au dernier jour du 47e congrès annuel du SCFP-C.-B. en livrant un discours émouvant qui faisait appel à une plus grande solidarité – et non à la charité – entre organisations de la société civile internationale et les gens que celles-ci tentent d’aider dans ce pays ravagé par un tremblement de terre.

Dukens Raphaël, secrétaire général de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé d’Haïti (CTSP), a affirmé que le séisme du 12 janvier, qui a tué plus de 300 000 personnes et en a laissé deux millions d’autres sans abri, en plus de toutes celles qui ont été déplacées, a mis en lumière les problèmes d’inégalité et d’exploitation néocoloniale qui sévissent dans cette île depuis sa fondation, en 1804.

Le discours de M. Raphaël a été précédé d’un court film qui faisait le point sur les efforts de reconstruction. Le film révèle la sombre réalité des villes de tentes qui s’effondrent sous la mousson et des familles vivant dans des mares de boue, sans nourriture, sans eau et sans vêtements adéquats. Mais il montre aussi un peuple fier, déterminé à reconstruire le pays à sa façon.

L’exploitation est un problème sans fin

« La dernière image est celle d’un drapeau, explique Dukens Raphaël. Cela signifie qu’Haïti est un pays indépendant comme n’importe quel autre. Mais c’est un pays à l’histoire compliquée, que le tremblement de terre a compliquée encore davantage. »

M. Raphaël a soutenu que la calamité qui a suivi le séisme n’était pas particulièrement étonnante dans un pays qui n’a jamais été bien gouverné, dont 37 des 47 présidents ont été contraints de quitter leurs fonctions et où l’extrême pauvreté côtoie souvent l’extrême richesse.

« Le lendemain du tremblement de terre, a-t-il raconté, nous avons été très rapidement aidés par nos “amis” américains. Une force de 20 000 soldats américains a pris le contrôle des aéroports et des ports, sans même consulter le président du pays. Ce dont nous avons vraiment besoin, ce ne sont pas des soldats, mais bien de l’aide médicale et de la nourriture …. Des types d’abris plus solides et plus durables avant l’arrivée des ouragans en juin. »

La catastrophe n’a pas non plus épargné l’organisation de Raphaël Dukens. Le CTSP, affilié à l’Internationale des services publics, a perdu 300 membres, dont 26 électriciens appartenant à la Fédération de l’électricité, dont M. Raphaël est aussi le président. Le tremblement de terre a complètement détruit le bureau syndical de la CTSP.

M. Raphaël a rendu hommage au SCFP et à ses membres. « Vous avez fait preuve, a-t-il souligné, d’une solidarité respectueuse en nous considérant comme les citoyens que nous sommes vraiment. Vous avez communiqué avec nous pour nous demander quels étaient nos besoins. »

Le dirigeant syndical haïtien a insisté sur le fait que les premières personnes qui doivent être consultées au sujet de la reconstruction d’Haïti sont les Haïtiens. Pourtant, le plan de reconstruction international présenté aux Nations Unies le 30 mars n’a pas demandé la participation des groupes syndicaux, des groupes agricoles ou d’autres associations privées ou publiques. De même, les organisations de la société civile n’ont pas pris part aux décisions entourant la somme de 5,3 milliards de dollars d’aide qui sera déboursée au cours des 18 prochains mois par une fondation dirigée par l’ancien président américain Bill Clinton, l’envoyé spécial des Nations Unies en Haïti.

Dukens Raphaël a précisé que le problème de l’aide internationale, c’est que beaucoup de l’argent destiné aux pays en développement comme Haïti n’arrive jamais jusqu’à ceux qui en ont le plus besoin.

« Dans votre communauté, il y a eu beaucoup d’activités de financement, a-t-il ajouté. Ce que je vous demande, peu importe les structures internationales en place, c’est de réfléchir aux types de relations bilatérales qui peuvent être établies. »

Le SCFP s’engage à fournir un soutien financier additionnel

Barry O’Neill, président du SCFP-C.-B., a annoncé un don additionnel de 20 000 $ pour contribuer à l’effort de reconstruction. La moitié viendra de la division du C.-B. et l’autre du SCFP national.

« Le SCFP-C.-B. et les délégués feront tout ce qu’ils pourront pour que vous ayez ce qu’il vous faut pour reconstruire votre pays, a promis M. O’Neill. Et nous continuerons à ramasser de l’argent jusqu’à ce que vous n’ayez plus besoin d’aide. »

« Nous ne pensons jamais, lorsque nous aidons des gens dans le besoin, que nous faisons la charité. Et je puis vous assurer que lorsque nous discuterons à nouveau de la question, nous serons conseillés par des travailleurs haïtiens, et non par des organisations internationales, sur ce qu’il vous faut pour reconstruire votre pays. »

Dukens Raphaël a remercié Barry O’Neill et les délégués du SCFP-C.-B. pour leur appui.

« Je vous garantis que nous irons de l’avant, a-t-il promis. Au cours des quatre jours que j’ai passés avec vous ici, j’ai reçu une leçon de solidarité et cela renforce ma conviction que nous ne devons pas accepter la charité et que nous devons plutôt avancer en toute solidarité. Vive le SCFP! »

Après le congrès, M. Raphaël a pris la parole, avec d’autres militants haïtiens, à un forum tenu à l’hôtel Hyatt. Il a aussi accordé une entrevue au Service des communications du SCFP.

Pour en savoir plus, consultez www.HaitiJustice.org