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Le départ d’un important promoteur de la privatisation scelle le sort des PPP au Québec.

Selon La Presse, Pierre Lefebvre, président de l’Agence des PPP, quittera son poste aujourd’hui. La moitié des membres du conseil de l’Agence sont partis au cours des derniers mois sans être remplacés – un signe que l’Agence est destinée à la ferraille, avec plusieurs grands projets.

Comme le souligne un analyste, le gouvernement Charest habillera ses prochaines mesures en « réflexion sur l’avenir » de la formule des PPP, mais c’est un « enterrement de première classe » qui attend les partenariats public-privé dans la province.

L’opposition aux PPP grandit dans la province depuis des mois et plusieurs importants ministres du gouvernement n’accordent plus leur appui aux projets entrepris en ayant recours à cette méthode.

Le ministre de la Santé Yves Bolduc a déclaré récemment qu’il reconsidérait la privatisation pour le méga-hôpital du CHUM à Montréal. Revenant sur l’appui indéfectible accordé à la privatisation par son gouvernement, M. Bolduc a affirmé que les « PPP ne sont pas une religion » pour son parti.

La présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, a déclaré publiquement qu’elle ne considère par les PPP comme une panacée pour les besoins en infrastructure de la province.

Et Julie Boulet, ministre des Transports, a clairement fait savoir que la reconstruction de l’échangeur Turcot à Montréal sera un projet public, mettant ainsi fin à tout recours aux PPP.

L’appui des libéraux aux PPP s’est vite étiolé après la démission, en avril, de la ministre des Finances et championne des PPP à la table des ministres, Monique Jérôme-Forget. Mme Jérôme-Forget avait de plus en plus de difficulté à défendre les PPP dans un contexte de crise financière.

Un aperçu de l’avenir est venu en mai, lorsque la ministre des Affaires municipales a bloqué un projet d’aréna en PPP à Gatineau.

La semaine dernière, les critiques soulignaient qu’un important centre hospitalier de Montréal aurait pu être déjà en marche n’eut été des retards causés par les PPP. On a aussi appris que l’hôpital coûterait beaucoup plus cher en projet privé.

Le recul du gouvernement remet en question tant le projet de méga-hôpital de Montréal qu’un autre projet de PPP à Québec. En effet, le SCFP fait campagne depuis plus d’un an contre des coûts qui grimpent en flèche et les retards dus à la rénovation privatisée du site de l’Hôtel-Dieu du Centre Hospitalier Universitaire de Québec (CHUQ).

L’opposition publique a gonflé avec le lancement d’une nouvelle coalition contre les hôpitaux en PPP. Les ingénieurs, les médecins, les architectes et l’industrie de la construction ont joint leurs voix à celles de travailleurs et d’autres citoyens pour dénoncer la privatisation.

Un sondage récent montre que les économistes du Québec remettent aussi en question la valeur des PPP.

Prenant la parole aux audiences publiques sur l’échangeur Turcot, le maire de Montréal Gérald Tremblay a affirmé qu’un PPP « ne donne ni le temps, ni la latitude, ni la flexibilité requises pour adapter un projet aussi névralgique ». « camisole de force ».

Devant l’agence provinciale sur l’environnement qui évalue le projet de l’échangeur Turcot, le maire Tremblay a qualifié les PPP de

Même le maire de Québec, plutôt de droite, a affirmé dernièrement qu’il était « irréaliste » d’obliger tous les grands projets à passer par le filtre des PPP. Le maire a apparemment vu la lumière depuis l’abandon du projet de privatisation d’un aréna – qui aurait coûté à la ville beaucoup plus cher qu’un projet public.

Sans agence provinciale ni championne chez les ministres pour défendre les PPP, l’avenir des PPP municipaux dans des localités comme Beloeil et Châteauguay – ou celui des projets de privatisation dans les campus – est, au mieux, incertain.