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Des personnalités locales et nationales se sont rassemblées sur la Colline du Parlement le 12 mars dernier pour porter un toast à l’eau publique et éclairer la Tour de la Paix en bleu. L’événement marquait le début d’une semaine d’activités qui précéderont la Journée mondiale de l’eau partout au pays.

Organisé par le SCFP, le Conseil des Canadiens et l’Institut Polaris, ce rassemblement a lancé une semaine de moyens d’action locaux, provinciaux, nationaux et internationaux entrepris pour garder publics les services de distribution de l’eau potable et de traitement des eaux usées, promouvoir le droit à l’eau comme droit fondamental et limiter le recours à l’eau embouteillée par les municipalités. Ces thèmes s’inscrivent dans un nouveau projet du SCFP et du Conseil des Canadiens intitulé « Communautés bleues ».

Les participants ont bu l’eau municipale d’Ottawa, dont la distribution est assurée par les membres de la section locale 503 du SCFP.

Le chef du NPD fédéral Jack Layton a levé son verre « aux meilleurs travailleurs au monde » qui fournissent l’eau publique. Il a aussi bu à la santé du contrôle démocratique et de l’obligation de rendre compte qui découlent de la nature publique des systèmes d’eau municipaux.

Robert Fox, directeur exécutif d’Oxfam Canada, a porté un toast à l’eau pour tous et a décrit la dure réalité des femmes et des petites filles des pays en développement qui n’ont accès ni à l’eau, ni aux services d’hygiène de base.

« Chaque jour sur cette planète, des millions de petites filles et de femmes ne vont pas au travail ou à l’école parce qu’elles doivent aller chercher de l’eau », a affirmé M. Fox. Il a souligné que la situation s’aggravait avec la crise climatique qui exacerbe les pénuries d’eau dans le monde entier.

« Ce qui fait partie de notre réalité quotidienne est une source de désespoir et la base d’une inégalité pour des millions de petites filles et de femmes », a-t-il poursuivi.

Il a lié les luttes antiprivatisation locales et internationales. « Si nous ne pouvons pas protéger l’accès universel à l’eau, quel espoir reste-t-il à nos consœurs du Zimbabwe, ou à nos consœurs du Guatemala? Il est absolument essentiel que nous protégions l’eau publique. »

Clive Doucet, conseiller municipal à Ottawa, a levé son verre à la rivière des Outaouais et a invité le directeur de l’eau et des eaux usées de la ville, Dixon Weir, à monter sur la scène. Celui-ci a insisté sur le fait que les travailleurs municipaux de l’eau font tout, jour après jour, pour fournir une eau potable de grande qualité, en expliquant que l’eau municipale d’Ottawa est testée plus de 100 000 fois par année. Il a également souligné l’importance de la mise à niveau du système d’égout de la ville afin d’améliorer la capacité à maîtriser l’écoulement des égouts pluviaux et à agir en matière de changements climatiques.

Catherine Coumans, directrice de la recherche de Mines alerte Canada, a dénoncé avec passion les récents changements fédéraux qui permettent aux sociétés minières de transformer des lacs sains en dépotoirs toxiques. « Le danger, c’est que parce que nous avons tant de lacs et de rivières, les gens croient que nous pouvons tout y jeter, mais ces lacs et ces rivières seront détruits pour toujours. » Mme Coumans a condamné la façon « nonchalante » dont l’industrie minière traite les lacs.

Meredith Brown, directrice exécutive de Sentinelle Outaouais, a bu à la santé de la rivière des Outaouais et a rappelé aux participants qu’ils portaient un toast avec l’eau de la rivière. Les citoyens d’Ottawa ont « beaucoup de chance » d’avoir une eau potable excellente, a-t-elle affirmé. Mais elle a averti qu’il fallait éviter la complaisance et a énuméré quelques dangers qui menacent la rivière des Outaouais – et l’approvisionnement en eau potable.

Mme Brown a souligné qu’il était essentiel que les systèmes d’eau restent publics. « Lorsque l’eau est entre les mains d’administrations publiques, vous pouvez obtenir des réponses claires à vos questions, a-t-elle rappelé. Lorsqu’elle est entre les mains de sociétés privées, ces réponses ne viennent pas aussi facilement. »

Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens et conseillère principale pour les questions de l’eau auprès du président de l’Assemblée générale de l’ONU, a terminé la soirée en portant un toast bref et poétique : « À l’eau bleue. À l’eau publique. Aux guerriers de l’eau, ici et ailleurs dans le monde. À l’eau pour les autres espèces. À l’eau pour les enfants. À l’eau pour tous. À l’eau pour l’avenir. Notre pacte bleu. »