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Lettre à la rédaction, Edmonton Journal
Objet : Une communauté en PPP « unique au Canada », 25 juin, p. A3

En privatisant une subdivision de Fort McMurray par la création d’un « partenariat » public-privé, le gouvernement de l’Alberta profite de la crise vécue par une collectivité pour promouvoir une solution inopportune.

Le problème est bien connu. Une croissance débridée, alimentée par une industrie des sables bitumineux en constante expansion, a créé une collectivité qui se débat pour suivre le rythme infernal. Une planification publique, des investissements et une supervision sont la solution pour reprendre le contrôle de la situation. Il faut trouver un équilibre qui réponde aux besoins socio-économiques de l’ensemble de la communauté, qui protège l’environnement et qui favorise la transparence et la reddition de comptes.

Greffer une banlieue privatisée en PPP à une situation déjà problématique créera un milieu qui aura l’air de sortir tout droit du laboratoire d’un scientifique fou. Une « FrankenVille » construite et dirigée par une entreprise privée fonctionnera-t-elle à l’écart du conseil municipal démocratiquement élu? L’absence de reddition de comptes et de contrôle collectif sont au haut de la longue liste de problèmes que créera ce PPP.

En outre, d’un point de vue financier, cette idée est insensée. Le financement privé fera grimper le coût du projet, tout comme la multitude d’autres frais associés à l’appel d’offres, aux soumissions et à la supervision d’un projet de PPP. Pourtant, la province dispose d’un surplus qui lui permet amplement de financer l’infrastructure et les services si désespérément nécessaires, sans compter que la municipalité peut emprunter à bien meilleur taux que le secteur privé. Un financement public permettrait de garder les coûts à un niveau raisonnable et d’en éliminer bien d’autres. Et, bien évidemment, une approche complètement publique donnerait à Fort McMurray plus de contrôle sur son propre avenir.

Les souhaits des champions de la privatisation comme l’Institut Fraser – qui, l’année dernière, a publié un rapport incitant la municipalité régionale de Wood Buffalo à privatiser ses projets de réfection d’infrastructure – semblent se réaliser. Les auteurs du rapport soutiennent que les PPP offrent une réponse aux lacunes d’infrastructure qui restreignent l’expansion de l’industrie des sables bitumineux. Quels intérêts défendent-ils? Lisez entre les lignes de ces nobles propositions et vous constaterez que le prix à payer est beaucoup trop élevé. En plus des problèmes sociaux et économiques que créeront les PPP, une croissance débridée aura de graves conséquences pour l’environnement. Il n’y a qu’à demander à ceux qui vivent en amont des sites de production des sables bitumineux.

Ce projet doit être stoppé avant la première pelletée de terre.

Paul Moist
Président national
Syndicat canadien de la fonction publique