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Une multinationale de services de garde australienne, ABC Learning Centres, traverse une crise financière d’une ampleur telle qu’elle pourrait devoir vendre des garderies à travers le monde.

Cet effondrement financier illustre parfaitement pourquoi les gouvernements fédéral et provinciaux au Canada doivent empêcher ABC et toute autre chaîne de garderies à but lucratif de gagner du terrain au pays.

À l’automne, le SCFP et d’autres groupes révélaient que 123 Busy Beavers, une société étroitement liée à ABC, faisait son entrée au Canada, notamment en Colombie-Britannique, Ontario et Alberta. À ce jour, 123/ABC s’est porté acquéreur de onze garderies en Alberta.

Cette semaine, la valeur des actions d’ABC à la bourse australienne a chuté de près de 70 pour cent, ce qui a provoqué une suspension des opérations. Les investisseurs s’inquiètent des emprunts contractés par ABC, qui ont augmenté en flèche pour soutenir son développement accéléré à l’échelle mondiale, et d’une baisse de ses bénéfices de 42 pour cent.

Le propriétaire d’origine canadienne d’ABC, Eddie Groves, son épouse et plusieurs administrateurs de la société se départissent actuellement de leurs actions. Eddie Groves a vendu huit des vingt millions d’actions lui appartenant et son épouse, Le Neve Groves, onze des dix-sept millions lui appartenant. Un administrateur s’est départi, quant à lui, de toutes ses actions.

Entre temps, dans la foulée des rumeurs voulant qu’ABC mette en vente ses garderies les moins rentables, des parents commencent à s’inquiéter, craignant de perdre leur service de garde. Cette crise illustre bien l’opposition fondamentale entre les stratégies d’acquisition des grandes chaînes commerciales pour maximiser leurs bénéfices et la prestation de services de garde de qualité, abordables et accessibles.

Selon des articles parus dans les médias, une société privée de valeurs mobilières étatsuniennes, une firme australienne spécialiste des rachats, le Macquarie Group, et une société d’investissements appartenant au gouvernement de Singapore comptent parmi les acquéreurs potentiels des avoirs d’ABC.

La nouvelle d’une crise chez ABC tombe au moment même où l’Ontario Coalition for Better Child Care et la Fédération du travail de l’Ontario parcourent la province avec le message suivant : on est mûr pour des services de garde publics. Les porte-parole de la campagne demandent au premier ministre Dalton McGuinty de stopper la délivrance de permis aux garderies commerciales de manière à empêcher l’entrée de 123 Busy Beavers en Ontario. Les deux groupes soutiennent, par ailleurs, le projet de loi 26, déposé par la députée néodémocrate Andrea Horwath, qui aurait pour effet de restreindre la délivrance de tous nouveaux permis de services de garde au seul secteur sans but lucratif, tout en maintenant les droits acquis des garderies à but lucratif existantes. Le débat sur ce projet de loi pourrait avoir lieu aussi tôt que le 6 mars prochain.

Une trousse documentaire exhaustive a été produite pour soutenir la tournée provinciale de l’OCBCC et de la FTO. Aussi, surveillez la tournée pancanadienne organisée par Code bleu pour les services de garde qu’entreprendra, à la fin de mars, Deb Brennan, une universitaire australienne, auteure de nombreux articles sur la société ABC Learning Centres et ses garderies.