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Les manœuvres des multinationales de services de garde pour étendre leurs opérations au Canada déferlent en véritable raz-de-marée.

Les manœuvres des multinationales de services de garde pour étendre leurs opérations au Canada déferlent en véritable raz-de-marée. En effet, la société 123 Busy Beavers Learning Centres Inc. s’est récemment incorporée en Alberta et en Ontario et elle a établi un siège social à Vancouver. Elle est cliente de 123 Global, le « moteur de croissance » de la société australienne, ABC Developmental Learning Centres. Font aussi partie des clients de 123 Global

  • Learning Care Group en Amérique du Nord
  • 123 Learning Group au Japon
  • Australian International Child Care (AICC) en Chine
  • Busy Bees au Royaume-Uni

La société ABC Canadian Holdings s’est incorporée en Australie au mois d’août et Eddy Groves, cofondateur de ABC est un de ses administrateurs. Ces évènements présagent des changements inquiétants dans l’environnement des services de garde au Canada. Ces grandes multinationales ont recours à l’économie d’échelle et à l’intégration des services pour ouvrir tout grandes les vannes de la commercialisation des services de garde au Canada. La société ABC est le plus grand fournisseur de services de garde à but lucratif au monde. Son modèle mise sur une « famille d’entreprises » dont fait partie 123 Global.

Voici une liste d’entreprises liées à ABC :

  • 123 Careers Pty. Ltd., est inscrite à l’ASIC (Commission australienne des placements en valeurs mobilières) en tant que division de ABC affectée au recrutement du personnel.
  • Le National Institute of Early Childhood Education est le programme de formation et d’évaluation privé de ABC.
  • Le ABC Lifesmart™ Curriculum est un programme élaboré pour les garderies de ABC. Certaines chaînes de garderies américaines, propriété de ABC, l’emploient et, dans son site Web, Busy Beavers souligne qu’il s’agit du curriculum utilisé par l’entreprise.
  • Funtastic, le plus important distributeur de jouets en Australie, vient d’acquérir Judius, propriété de ABC, qui contrôle près de 18% des actions de Funtastic. Les actions de Judius peuvent maintenant être négociées à la bourse des États-Unis.
  • Paul Seymour, un entrepreneur du Queensland, a développé le logiciel de gestion QikKids, utilisé par quelque 3 500 garderies en Australie. Il est directeur général de PalmOne, l’entreprise responsable de la mise en marché de son logiciel, et il est en train d’y intégrer toutes les garderies de la société inscrite en bourse, ABC Learning Centres.

Les garderies publiques sans but lucratif sont menacées

Le Canada doit tirer des leçons de l’expérience australienne. Avant 1991, les services de garde en Australie étaient majoritairement sans but lucratif (environ 70%). Après que le gouvernement eut rendu le financement public accessible au secteur à but lucratif, plus de 70% du réseau est devenu commercial.

La concentration du marché crée des obstacles qui nuisent au développement d’un système public sans but lucratif, ce que nous réclamons. Une multinationale intégrée fera tout en son possible pour empêcher qu’on se dote au Canada d’un système public et accessible de services de garde de qualité.

Financement public détourné en bénéfices d’exploitation

L’an dernier, ABC a annoncé des bénéfices d’exploitation de quelque 143,1 M$, soit une augmentation de 75,6% par rapport à l’année précédente. Elle s’est aussi affichée comme étant le plus important fournisseur de services de garde au monde.

ABC doit son succès au financement gouvernemental. On estime que 40 % des revenus de l’ABC, entreprise en Australie proviennent de fonds publics. Et malgré le versement d’allocations importantes aux parents, les frais de garde ont grimpé en flèche.

L’accessibilité n’est pas au rendez-vous

En Australie, certains groupes ont souffert de ce revirement. L’approche fondée sur le marché a laissé en plan les enfants à besoins particuliers et les enfants vivant en milieu rural et dans les petites collectivités, là où les bénéfices d’exploitation sont impossibles à réaliser.

Inquiétudes en ce qui concerne la qualité

L’Australie fait très mauvaise figure dans le rapport 2006 de l’OCDE sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants (Starting Strong II). Les recherches confirment que la qualité dans les garderies commerciales est inférieure à la qualité dans les garderies sans but lucratif. Une étude pancanadienne récente (An Economic Perspective on the Current and Future Role of Nonprofit Provision of Early Learning and Child Care Services in Canada) écrit par un groupe d’économistes et de chercheurs révèle que les garderies sans but lucratif offrent des services de qualité supérieure aux services offerts par les garderies à but lucratif.

Ces chercheurs canadiens ont trouvé que les garderies sans but lucratif engage systématiquement des effectifs mieux formés, favorisaient leur perfectionnement professionnel et leur versaient de meilleurs salaires et avantages sociaux. Leurs résultats corroborent ceux d’autres chercheurs à travers le monde.

On peut stopper ce mouvement

Nous refusons la prolifération des grandes chaînes de garderies commerciales au Canada, plus intéressées aux dividendes de leurs actionnaires qu’à la qualité des services. Le SCFP, avec l’appui de ces partenaires de coalition, sensibilisera l’opinion publique et mobilisera la population afin de stopper l’expansion des garderies commerciales et la prise de contrôle étrangère des services de garde au Canada. Surveillez nos actions au scfp.ca.

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