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«Nous sommes en train de nous faire embarquer dans une croisade idéologique, lance Michel Parenteau, directeur-adjoint du SCFP. Ceux qui pensent que ces méga-hôpitaux vont nous coûter moins chers doivent aussi croire aux contes de fées. L’expérience vécue ailleurs au Canada ou en Europe est concluante, ça ne sera pas différent chez nous.»

De mystérieuses économies

Le plus grand syndicat des services publics au Canada cherche en vain comment les PPP pourraient nous faire réaliser les économies annoncées. Il met même au défi Monique Jérôme-Forget de démontrer clairement comment ce mode de construction et de financement pourrait faire sauver de l’argent aux contribuables, ce qui nie même Pierre Lefebvre, le président de l’agence des PPP.

À cet égard, un petit exercice de question-réponse élaboré par le SCFP nous démontre bien que les promoteurs des PPP surfent sur le mythe de l’efficacité du secteur privé versus le secteur public. Malheureusement pour eux, une telle affirmation ne résiste pas à l’épreuve des faits.

  • Est-ce que le consortium privé qui réalise le projet en PPP obtiendra des matériaux à plus bas prix? Pas plus que les compagnies privées qui travaillent en mode conventionnel, car ce sont les mêmes constructeurs.
  • Est-ce que les ouvriers seront payés moins cher? C’est impossible puisque les mêmes conventions collectives du secteur de la construction s’appliquent.
  • Est-ce que le consortium obtiendra des taux d’intérêts moins élevés pour le financement des projets? Au contraire, les firmes privées reconnaissent elles-mêmes qu’aucune organisation ne peut négocier de meilleurs taux que l’État.
  • Est-ce que l’argent investi ira directement aux infrastructures? Les grandes firmes privées qui négocient ces contrats avec l’État se réservent généralement une marge de profits de 10 à 20 % et souvent plus. Des dizaines de millions sont ainsi détournés des services de santé au profit de lointains et riches actionnaires.
  • N’est-il pas préférable de voir une partie du risque assumé par le consortium privé? Tout d’abord, il est impossible de savoir s’il existe un réel partage des risques avant la signature du contrat, dont les pourparlers sont toujours secrets. De plus, une compagnie peut faire faillite comme cela s’est déjà produit en Grande-Bretagne, et c’est alors le gouvernement qui ramasse les pots cassés.
  • Les délais et les coûts seront-ils respectés? Il n’y a pas de garanties. À Brampton en Ontario, le coût de l’hôpital construit en PPP a presque doublé, il a été livré avec un an de retard et il était plus petit que le projet initial. Le même phénomène s’est produit pour le Royal Ottawa Hospital. À Londres, le coût de la relocalisation de trois hôpitaux sur un site unique est passé de 770 millions à 1,7 milliard de dollars.
  • À terme, est-ce que l’entretien des bâtiments sera assumé avec plus de soin? Sûrement pas. Tourner les coins ronds permet de hausser les profits. De plus, dans les dernières années du contrat, quel intérêt aura le consortium d’investir dans l’entretien et la rénovation d’un immeuble qu’il devra bientôt céder à l’État. Il aura tout au contraire tendance à laisser à l’abandon des lieux qui ne seront bientôt plus de sa responsabilité.
Pour le SCFP, il était d’ailleurs assez savoureux d’entendre le ministre de la Santé, Philippe Couillard, affirmer sans sourciller que l’état parfois lamentable de nos hôpitaux était le résultat d’un manque d’investissements publics au cours des dernières années. «Nous partageons parfaitement ce point de vue! C’est la responsabilité de l’État d’assurer des soins décents et d’investir dans nos infrastructures.

 

Il n’existe pas de raccourcis pour livrer des services de qualité.

Les PPP représentent des fuites en avant qui nous coûteront plus cher, augmenteront notre dette publique réelle et les bâtiments hérités par les générations futures réclameront alors des investissements majeurs pour leur remise aux normes», de conclure Michel Parenteau.