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Deux arénas en PPP de la capitale nationale patinent sur une glace bien mince et s’apprêtent à faire assumer la responsabilité de leur mise en échec à la Ville d’Ottawa, selon un rapport du conseil municipal qui a fait l’objet d’une fuite.

C’est le maire de l’époque, Bob Chiarelli, qui avait recommandé les PPP pour le Bell Sensplex et le Ray Friel Centre. À la cérémonie de première pelletée de terre du Sensplex, le maire Chiarelli avait déclaré que la privatisation « permettrait aux résidents d’Ottawa de n’avoir que peu ou pas de dette tout en profitant d’installations exceptionnelles » et que l’aréna était « un exemple de ce qu’il fallait faire pour obtenir de nouvelles infrastructures plus vite et à moindre coût pour tout le monde ».

Dans les faits, on est très loin du compte : l’ouverture de l’aréna a été retardée et le centre doit maintenant faire éponger ses dettes à hauteur de 1,4 million de dollars.

La ville doit donc assumer encore plus de charges financières pour un projet qui ne fait pas encore ses frais. La ville a accepté la responsabilité de la dette de 25,6 millions de dollars du secteur privé pour construire l’aréna, a renoncé aux impôts fonciers et aux redevances d’exploitation et a accepté d’acheter 2 400 heures de temps de glace du Capital Sports Group. La ville doit aussi payer les honoraires d’un expert-conseil pour le projet.

Selon le Ottawa Citizen, les administrateurs de la ville recommandent aussi de mettre fin au PPP avec Serco Facilities Management, la société qui gère le Ray Friel Complex, « parce que le rendement de l’entreprise est mauvais ». La soumission présentée par Serco pour le complexe sous-estimait les frais d’exploitation et comptait sur des prévisions de revenus beaucoup trop optimistes.

Toujours selon le Citizen, le rapport affirme « que le rendement de l’entreprise est faible à plusieurs égards et que les efforts déployés pour améliorer la situation sont peu convaincants ». La ville n’a donc d’autre choix que de prendre en charge les installations et d’éponger la dette de 12 millions de dollars.

Les faillites d’Ottawa s’ajoutent à une liste grandissante de centres de loisirs en PPP qui n’ont pas livré la marchandise. En Colombie-Britannique, le RecPlex de Cranbrook vient de retourner au secteur public, là où il doit être.

Une entente de résiliation entre la ville et Keen Rose a rendu le centre de loisirs en PPP à la ville en mars. Ce sont de bonnes nouvelles pour les gens de Cranbrook, et le maire Ross Priest et les administrateurs de la ville peuvent être fiers, selon Mark Hancock, secrétaire-trésorier du SCFP-C.-B.

« Pour les autres municipalités, le message est clair : méfiez-vous des projets de privatisation, a ajouté M. Hancock. Ils tournent souvent mal et ce sont les contribuables qui se retrouvent avec la facture. »

« Les installations de loisirs sont une source de fierté civique et une bonne façon d’aider les citoyens à rester en santé, a affirmé Mark Hancock. Les garder publiques demeure la meilleure garantie de la qualité du service. Désormais, le RecPlex sera exploité par le secteur public, comme il se doit. »

Les gestionnaires municipaux de Medicine Hat, en Alberta, ont bien compris le message. Dans le discours qu’il a prononcé au congrès de la division du SCFP- Alberta, le maire Garth Valley a rejeté l’idée d’un PPP pour un nouvel aréna.

Lisez le mémoire de recherche du SCFP sur les loisirs en PPP en cliquant ici.

Tiré de dossiers du Ottawa Citizen