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Les travaux de la réunion nationale du secteur universitaire du SCFP ont commencé jeudi soir à Montréal. Soulignons que le SCFP compte environ 70,000 membres dans le secteur postsecondaire, ce qui en fait la plus important regroupement syndical dans ce secteur, d’où l’importance de cette première grande rencontre de coordination pancanadienne.

Pour l’ouverture de cette session de travail, les participants accueillaient comme tout premier conférencier Bruno Julliard, président de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF).

Dans son allocution, le leader étudiant français a rappelé l’importance du «travail en commun» entre syndicats de salariés et organisations étudiantes qui, pour l’essentiel, partagent les mêmes valeurs et les mêmes objectifs. «Trop souvent ces dernières années, a-t-il précisé, jeunes et salariés menaient des combats distincts sans s’appuyer les uns sur les autres et sans remporter de victoires significatives.»

Mais pour lui les victoires restent possibles. La crise sociale survenue en France l’an dernier autour de la question des contrats de première embauche (CPE) lui a servi d’illustration. On se souviendra qu’après plusieurs semaines de crise, face à la mobilisation de la jeunesse et des grandes organisations syndicales, le gouvernement français recula et retira son projet.

«Le CPE était une véritable insulte faite aux jeunes. Avec sa période d’essai de deux ans, il constituait une nouvelle mesure d’exception qui allait conduire de manière dramatique la jeunesse à une plus grande précarité. Sans aucune justification, les employeurs pouvaient licencier leurs jeunes salariés de moins de 26 ans du jour au lendemain.

Les conséquences de cette dérogation au code du travail auraient été dévastatrices: comment accéder à un logement lorsque nous ne sommes pas certains d’être encore salariés le lendemain? Comment construire son avenir dans une insécurité quotidienne? Comment oser se syndiquer alors que l’employeur peut vous licencier sans raison?

Le gouvernement prétendait qu’en augmentant la flexibilité du contrat de travail, on allait mécaniquement créer de l’emploi.»

«Non seulement le CPE n’aurait pas créé d’emplois, mais il n’aurait été que le début d’une destruction du droit du travail français. Car après les jeunes salariés de moins de 26 ans, c’est l’ensemble des salariés qui auraient été concernés.

Nous avons assisté à une grande mobilisation unitaire pour faire échec à cette démarche. Dès le début, l’ensemble des syndicats de salariés et les organisations de jeunesse ont œuvré à ce que le mouvement rassemble le plus largement possible. Chacun avait conscience que la division syndicale aurait servi le gouvernement. Mais ce mouvement restera aussi marqué, au-delà de l’unité syndicale, d’une intensité exceptionnelle : des manifestations massives, jusqu’à 3 millions de personnes, des grèves dans les universités pendant près de huit semaines…»

[…]

«Les périodes de mobilisation, a-t-il conclu, sont des moments privilégiés pour l’unité des syndicats. Il y a une évidente complémentarité entre les mobilisations étudiantes et les mobilisations de salariés. J’espère que chacun saura prendre en compte la leçon que nous apporte cette victoire. Unis, nous sommes plus forts. Il y a tellement d’autres batailles à mener que nous avons le devoir de poursuivre cette unité.»