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Ce que l’on dit au sujet de l’Association médicale canadienne est vrai. Maintenant, tout le monde connaît son petit secret. Plus de conversations furtives dans les corridors des conférences. Plus de silences embarrassés pendant les entrevues avec les médias pour éviter la grande question – celle qui refait toujours surface.

L’AMC peut maintenant parler ouvertement de l’assurance-maladie. Ses membres n’aiment pas ce programme et ne l’ont jamais aimé. Et ils se fichent désormais que tout le monde le sache.

C’est cela qui est ressorti du congrès de l’AMC, tenu au mois d’août à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard. Une majorité écrasante des délégués de l’AMC ont choisi le Dr Brian Day, un défenseur du système de santé privatisé ou à deux vitesse, pour les représenter à titre de président national. Son élection signalait un changement clair dans la position de l’AMC.

Et ce n’est pas un changement de politique. L’AMC n’a jamais appuyé totalement le système public de soins de santé. C’est un changement de relations publiques : l’organisation ne voit plus la nécessité de faire semblant.

La course à la présidence entre le Dr Day et le Dr Ray Baruk était plutôt gagnée d’avance. Bien qu’on l’ait présentée comme un conflit de valeurs fondamentales incarnées par les deux candidats, elle ressemblait davantage à un choix entre deux différents tons de bleu.

D’un côté, il y avait le Dr Day, le champion de la privatisation, et de l’autre, le candidat de la dernière minute, le Dr Baruk, tiède défenseur d’un système semi-privé. Il n’y avait là aucun véritable défenseur de l’assurance-maladie.

Toutefois, l’AMC n’ose pas encore montrer ses véritables couleurs à un public canadien méfiant. Les sondages montrent que les Canadiens ordinaires tiennent profondément à l’assurance-maladie. Ils veulent que leur gouvernement protège cet acquis – et donc leur droit à des soins de santé à coût abordable et accessibles.

Ainsi, l’AMC et son président élu disent ne pas encore être prêts à démanteler l’assurance-maladie. L’AMC a plutôt affirmé favoriser une lente érosion du système public, en ciblant les règlements provinciaux qui limitent l’augmentation des coûts.

Par exemple, un règlement qui interdit la double facturation serait une cible, puisqu’il empêche les médecins de charger au système public tout en facturant les patients ou leurs régimes d’assurance-maladie privés. Ces règlements se retrouvent dans chaque province, sauf à Terre-Neuve, pour décourager le resquillage.

« Je n’ai jamais appuyé la privatisation de l’assurance-maladie », a déclaré le Dr Day peu après son élection. Toutefois, il n’a pas convaincu au moins un journaliste qui a souligné ce qui suit : « Le Dr Day, qui depuis plus d’un an bafoue ouvertement la Loi canadienne sur la santé et la loi de la Colombie-Britannique en permettant aux patients bien nantis de passer avant les autres, soutient que ses opinions ont été mal citées par les médias de l’est du pays. »

Partout au pays, l’élection du Dr Day à la tête de l’AMC a été vertement critiquée par les groupes de défense de l’assurance-maladie, qui la qualifient de cynique étape vers la privatisation d’un trésor national. « Les Canadiens ne peuvent plus faire confiance à
l’AMC », a affirmé Mike McBain, de la Coalition canadienne de la santé, dont le sentiment est partagé par bien d’autres citoyens.

(Tiré de www.cbc.ca, du Toronto Star, et du Globe and Mail.)