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Lorsque le Dr Les Vertusi est revenu d’une tournée d’hôpitaux de quatre pays européens, financée par le gouvernement provincial, il ne s’attendait pas à ce qu’une entrevue radiophonique menée avec une chercheuse britannique jette une lumière différente sur l›état des soins de santé au Royaume-Uni.

Dans une entrevue accordée à la radio de CBC le 14 mars, le Dr Vertusi - beau-frère du premier ministre de la Colombie-Britannique Gordon Campbell - ne tarissait pas d›éloge sur le système de santé britannique qui, selon lui, a été « transformé » pour le mieux grâce aux initiatives de financement privé (IFP), la version britannique des PPP.

Toutefois, une entrevue diffusée plus tard le même jour avec la Dre Allyson Pollock, chercheure en santé au University College de Londres, racontait une toute autre histoire. Après avoir entendu les remarques du Dr Vertusi, la Dre Pollock a déclaré ce qui suit : « Je me demande à qui il a parlé et ce qu’il a vu parce que …les changements axés sur le marché en privatisation s’avèrent passablement catastrophiques. »

La Dre Pollock a affirmé que le système national de santé de la Grande-Bretagne est affaibli et que « sans mandat public …il n’y a pas de mandat démocratique pour le faire ». Le gouvernement soutient qu’il « n’est pas important de savoir qui offre les services ». Les hôpitaux et le personnel hospitalier sont en train d›être « confiés au secteur privé, qui gère ces services pour un tarif annuel ».

Il s’agit d’une façon beaucoup plus coûteuse d’offrir des soins de santé, selon la Dre Pollock. « Le coût de la privatisation inclut les frais d’administration et de facturation, ce que nous n’avions pas auparavant …et à tous ces frais s’ajoute la dette du service de l’IFP. »

La tragédie, a-t-elle expliqué, c’est que de l’argent qui devrait servir aux soins des patients et aux services est « tout simplement détourné vers différentes sociétés à but lucratif, dont des banquiers et des constructeurs de consortiums de PPP, et des fournisseurs de services …elles incluent maintenant aussi les nouvelles entreprises de soins de santé, dont quelques-unes des États-Unis, qui cherchent à pénétrer le marché du Royaume-Uni. »

La Dre Pollock a admis que les listes d’attente pour les chirurgies des yeux et des hanches ont diminué. « Mais cette réduction a aussi faussé toutes les priorités cliniques, détournant complètement l’attention des personnes atteintes de maladies chroniques, des victimes d’AVC et des malades en phase terminale, des soins palliatifs …ces types de services ferment partout au pays parce que le gouvernement s’est concentré surtout sur les éléments dont le secteur privé veut s’occuper. »

En fin de compte, avec la prédilection du gouvernement pour les PPP, « les gagnants seront les entreprises privées et les perdants seront les personnes âgées, malades et pauvres », a-t-elle conclu.

- Tiré de transcriptions de la CBC