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par Blair Redlin (conseiller à la recherche du SCFP)

À 14 h, environ 50 manifestants de l’eau ont déroulé deux grandes banderoles dans le foyer central où se tient le FME et ont agité des bouteilles de plastique remplies de pièces de monnaie, qui représentaient les profits réalisés par les entreprises grâce à l’eau.

L’activité a brièvement perturbé les travaux du FME.

Des déclarations de soutien à l’eau publique et au droit à l’eau ont ensuite été lues par Ana Maria Martinez, de la coalition mexicaine C.O.M.D.A.; Lidy Nacpil, de Jubilee South, aux Philippines; Andrew Mushi, de l’Association tanzanienne des ONG; Amit Srivastava, de India Resource Centre, aux États-Unis; Maude Barlow, du Conseil des Canadiens; et Joe Zacune, de War on Want, au Royaume-Uni.

Après les déclarations, le chef Gary John, de la nation St’at’imc de la Colombie-Britannique, a mené les protestataires à travers les corridors de l’immense centre de conférence Banamex, tout en chantant et en frappant sur son tambour.

Le Forum mondial de l’eau a lieu dans un gigantesque et inaccessible centre de conférence appelé « Centro Banamex », dans la banlieue éloignée de Mexico et près d’une zone militaire. La sécurité y est très présente. Par conséquent, ce fut une victoire pour les militants de réussir à pénétrer à l’intérieur et de donner, paisiblement mais fermement, une voix aux défenseurs de l’eau publique.

Après la manifestation, le Projet Planète Bleue a animé, dans le cadre du programme officiel du FME, un atelier intitulé « Securing the Right to Water; From the Local to the Global, Civil Society Perspectives » (Garantir le droit à l’eau : de la scène locale à la scène mondiale, perspectives de la société civile). Des panélistes en provenance de l’Inde, du Venezuela, du Mexique, du Canada, de l’Afrique du Sud et des États-Unis ont abordé différents aspects des avantages de l’eau publique, des échecs de la privatisation et du droit à l’eau.

Frank Mentes, vice-président régional du SCFP, a été invité à se joindre au panel pour donner une perspective syndicale à ces enjeux. Le confrère Frank a décrit le SCFP, les intérêts de nos membres du secteur de l’eau et des eaux usées, notre fervente opposition à la privatisation, les menaces qui pèsent sur l’eau publique et la qualité de l’eau au Canada (en particulier chez les communautés des Premières Nations), le soutien ferme qu’accorde notre syndicat au travail de coalition, notre participation à l’ISP et notre solide engagement envers la défense de la justice dans le monde. Il a souligné les liens qui existent entre nos luttes contre la privatisation de l’eau au Canada et les luttes de nos alliés du Sud. Plusieurs participants au Forum sont venus trouver Frank après l’atelier pour le féliciter et pour assurer un suivi.

Entre-temps, le Forum international parallèle pour la défense de l’eau a conclu ses trois jours de travaux dimanche et a émis une déclaration publique.

CLARATION DES PARTICIPANTS AUX MOBILISATIONS POUR LAFENSE DE L’EAU

19 MARS 2006

Nous, les participants aux mobilisations pour la défense de l’eau, provenant de différentes régions du monde, de collectivités rurales et urbaines, de peuples autochtones, de syndicats, de mouvements sociaux, de groupes de femmes et d’ONG, sommes ici pour transmettre un message au Quatrième Forum mondial de l’eau.

L’eau est essentielle à la vie. Par conséquent, l’accès à une eau limpide et salubre est un droit fondamental de la personne. Le paradigme et les politiques qui dominent le Forum mondial de l’eau, dirigé par le président d’une société privée des eaux, sont en contradiction directe avec ce droit. Ce fait a été démontré à maintes reprises par les effets et le résultat de politiques qui abandonnent le contrôle de l’eau du monde à des sociétés mondiales et permettent à des intérêts commerciaux d’en déterminer l’accès.

L’exemple de la révolte populaire de Cochabamba témoigne de la montée de la résistance mondiale à la privatisation de l’eau.

Les institutions financières internationales et les sociétés privées des eaux soutiennent qu’elles défendent « l’eau pour tous ». Cette prétention est le comble de la duplicité et de l’hypocrisie. Nous demandons à tous les experts indépendants, journalistes et délégués qui se sont mobilisés pour ce 4e Forum mondial de l’eau de refuser de prendre part à un processus illégitime qui ne peut pas tenir ses promesses. Ces institutions et ces sociétés ne doivent plus avoir le droit d›établir les politiques mondiales de l’eau.

Nous invitons tous les gouvernements à faire passer l’intérêt de l’humanité et la capacité de notre planète à soutenir la vie avant la recherche du profit et du pouvoir.

Gardez l’eau publique !

Pour la gestion démocratique de l’eau !

L’eau pour la vie, pas pour les grandes entreprises !

cc*sepb491