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La frustration causée par l’ALÉNA ne fera qu’augmenter si l’assurance privée s’installe

OTTAWA, ON. – Les dangereux projets d’assurance privée du gouvernement de l’Alberta reposent sur une idéologie et non sur des faits, a déclaré aujourd’hui le chef du plus grand syndicat du Canada.

Dans le cadre du plan de privatisation de la « troisième voie » annoncé en juillet, le premier ministre de l’Alberta Ralph Klein a modifié les règlements pour permettre l’instauration de tickets modérateurs dans les hôpitaux afin, dit-il, « d’améliorer les biens et services médicaux ». Maintenant, l’Alberta demande aux compagnies d’assurance de présenter des soumissions pour couvrir tous les services médicaux, ce qui est une mesure dangereuse.

« Il est temps de déboulonner le mythe voulant que les assurances privées permettent d’alléger la pression exercée sur le système public, a affirmé Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Les faits internationaux – dont certains ont été présentés au propre symposium du gouvernement de l’Alberta sur la question – montrent que l’assurance privée coûte plus cher, qu’elle est plus difficile à réglementer et qu’elle limite l’accessibilité en répondant d’abord aux besoins des patients plus en santé et plus riches. »

« Celles et ceux d’entre nous qui ne pouvons pas nous permettre de soins privés se retrouveront avec un système public en décrépitude, et ce n’est pas ce que veulent les Canadiens, a soutenu M. Moist. Et si vous ouvrez la porte à l’assurance privée, l’Accord de libre-échange nord-américain et d’autres accords commerciaux la garderont grande ouverte. »

Paul Moist désapprouve la façon dont la décision de la Cour suprême du Canada de juin sur l’interdiction de l’assurance privée au Québec a été interprétée par ceux qui font la promotion des soins de santé à but lucratif.

« La décision ne constituait pas un renversement général de l’interdiction et les juges ont précisé très clairement que cette interdiction ne viole que la Charte du Québec, où les temps d’attente pour être traité dans le système public sont très longs, a ajouté M. Moist. En fait, la majorité a tacitement reconnu que l’accès à l’assurance privée ne réduira pas les délais d’attente et dit que cet accès “n’offre pas d’emblée une solution complète au problème complexe des listes d’attente”. »

Le SCFP a publié aujourd’hui Analyse de la décision Chaoulli, sa propre évaluation en profondeur de la décision du tribunal qui examine ce que les juges ont dit (et n’ont pas dit) et évalue les faits internationaux qui montrent que les soins privés ne contribuent pas à la diminution des délais d’attente. L’analyse tient également compte des conséquences commerciales de la concurrence des assurances-santé privées avec le système de santé public du Canada, qui donnent aux gouvernements des raisons de plus d’être préoccupés par les répercussions de l’impopulaire Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

« Si l’on permet aux compagnies d’assurance-santé privées de couvrir le coût des services médicalement nécessaires, les implications commerciales seront sérieuses, a averti Paul Moist. Si nous les laissons s’établir, les dispositions prévues dans l’ALÉNA et dans les traités de l’Organisation mondiale du commerce rendront d’autant plus difficile la protection de l’intégrité de notre système public. Plus il y aura d’ingérence dans nos services publics, plus les risques seront grands. »

On peut trouver le document Analyse de la décision Chaoulli à scfp.ca


Pour renseignements :

Paul Moist
président national
(613) 558-2873 (cell.)

Claude Généreux
sectrétaire-trésorier national
(613) 794-8395 (cell.)

David Robbins
David Robbins
(613) 878-1431 (cell.)