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Le mois dernier n’a pas été très profitable pour les initiatives de financement privé, ou IFP, l’équivalent des PPP au Royaume-Uni.

Un méga-projet d’hôpital en IFP pour le centre-ville de Londres vient d’être annulé, à un coût de 31,5 millions de dollars (CDN). La construction n’était même pas commencée sur le campus de Paddington Health, même si la date d’achèvement du projet avait été fixée, en 1997, à 2006. Le secrétaire britannique à la santé devrait approuver sous peu la tenue d’une enquête indépendante sur cet échec.

Le coût de l’hôpital de Paddington, fixé au départ à 810 millions de dollars, avait grimpé à 2,5 milliards de dollars. Les frais d’annulation comprennent les honoraires des urbanistes, des architectes, des avocats et des firmes de relations publiques, de même que le coût des cadres du Système national de santé (NHS) prêtés au projet.

Le journal britannique The Guardian soulignait que l’échec du projet « pourrait marquer la fin des grands projets d’IFP qui lient le NHS à de coûteux et rigides baux et contrats de gestion et d’entretien de 30 ans, parce que ces ententes extravagantes ne peuvent pas prévoir l’évolution des besoins en matière de santé ».

Jetant de l’huile sur le feu des opposants aux IFP, un rapport secret du gouvernement a révélé qu’un autre projet d’IFP, un hôpital pour personnes atteintes de maladie mentale ou qui ont d’importantes difficultés d’apprentissage, comportait de sérieux problèmes de sécurité qui mettaient en danger la vie des patients.

L’examen du Centre Newsam a révélé de graves lacunes de conception et de construction, dont des corridors qui rendaient difficiles l’observation des patients et leur évacuation rapide au besoin. Il manquait de matériaux de protection contre le feu dans les joints des murs et des planchers et le mobilier n’était pas suffisamment ignifuge. L’étude a aussi révélé une observation inadéquate des patients – en effet, quatre d’entre eux se sont suicidés en quatre ans.

L’une des sociétés partenaires de l’IFP a fait faillite, ce qui a fait dire aux critiques que les contribuables devraient sans doute acquitter la facture des améliorations à apporter à l’hôpital, pourtant construit en 2002.

La cupidité qui sous-tend les IFP a aussi été mise en lumière par une enquête du Bureau national de vérification (NAO) de Grande-Bretagne. L’enquête a révélé qu’un projet de refinancement d’un hôpital IFP a permis aux actionnaires d’empocher des dividendes de 182 millions de dollars en deux courtes années. Les investisseurs ont fait la même chose avec deux autres IFP.

L’hôpital universitaire de Norfolk et Norwich, l’un des premiers projets d’IFP, a ouvert ses portes en 2001. Peu après, le consortium derrière le projet a trouvé d’autres sources de financement offrant des taux d’intérêt beaucoup plus avantageux et a empoché une bonne partie de la différence. Les actionnaires d’Octagon Healthcare, le consortium qui détient le contrat de construction, de gestion et d’entretien de l’établissement, ont vu leurs profits monter en flèche jusqu’à un rendement de 60 pour cent sur leur investissement, par rapport au rendement initial de 18,9 pour cent.

Un dirigeant de Unison, le syndicat parent du SCFP au R.-U., a déclaré aux médias que ce montant d’argent était « obscène » et que les contrats avaient entraîné une série de problèmes de reddition de comptes.

« Les actions dans les hôpitaux IFP sont maintenant achetées et vendues sur le marché secondaire par des gens qui ne connaissent ni les patients, ni l’hôpital, ni son personnel, et qui ne s’en soucient nullement. Les sociétés empochent des profits faramineux et le public ne sait pas à qui appartient vraiment l’hôpital », a affirmé le secrétaire général de Unison, Dave Prentis.

Allyson Pollock, spécialiste des IFP, a déclaré au British Medical Journal que « le fardeau de la dette du contribuable est beaucoup plus élevé et le sera pendant beaucoup plus longtemps. Ainsi, les véritables risques sont assumés par le secteur public pendant une période beaucoup, beaucoup plus longue. »

Le NAO demande un examen approfondi des ententes des hôpitaux IFP pour voir s’ils en donnent plus aux contribuables pour leur argent que les premiers projets d’IFP comme Norfolk.

Ajoutant à la mauvaise presse entourant les IFP, le ministère britannique de la défense a annulé un contrat d’IFP de 2,5 milliards de dollars pour une formation sur les véhicules militaires parce que le projet coûtait trop cher pour ce qu’il offrait. Puis, une semaine après l’annulation de ce projet, le gouvernement a admis l’existence de problèmes majeurs dans un autre projet d’IFP pour la réfection de logements sociaux.