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Les travailleuses et travailleurs hospitaliers de la Colombie-Britannique invitent le vérificateur général de la province à s’intéresser de près à l’entretien ménager dans quatre régies sanitaires. En effet, il semble que les normes de nettoyage aient piqué du nez depuis la privatisation.

En novembre, l’importance d’un nettoyage adéquat a fait les manchettes des journaux lorsque neuf femmes ont contracté de graves infections après avoir accouché à l’hôpital Surrey Memorial. Au début de janvier, un rapport examinant les incidents révélait que les pratiques de prévention des infections sont plus ou moins respectées au Surrey Memorial, où l’entretien ménager a été sous-traité à Sodexho.

Le cas du Surrey Memorial n’est pas exceptionnel. Une enquête a mis au jour des normes de nettoyage inférieures à l’hôpital St. Paul de Vancouver, six mois après la privatisation des services de nettoyage, qui ont été confiés à la multinationale américaine Aramark. Le Syndicat des employées et employés d’hôpitaux (SEH) et le Syndicat des infirmières et infirmiers de la Colombie-Britannique ont mené l’étude.

L’insalubrité est le résultat d’une dangereuse combinaison de procédures de contrôle d’infection centralisées et de privatisation du nettoyage. Le rapport sur les infections à l’hôpital Surrey concluait que « le processus de surveillance active des infections … n’a pas été maintenu au même niveau que lorsque le service était assuré par l’hôpital ». Selon le SEH, la privatisation de l’entretien ménager a fragmenté encore davantage un système déjà faible. L’histoire est semblable à St. Paul, où les travailleuses et travailleurs, surchargés de travail et mal formés, n’ont plus de relations de travail directes ni avec le personnel de l’hôpital, ni avec le service de prévention des infections.

En vertu des ententes de privatisation, les normes de nettoyage sont un véritable secret d’État. Le SEH, qui a mis la main sur le contrat de nettoyage de Sodexho en ayant recours aux lois d’accès à l’information, a découvert qu’il n’y avait aucune donnée sur les normes de nettoyage et les niveaux de service – la régie sanitaire les avait noircies.

En décembre, près de 1 000 travailleuses et travailleurs de Sodexho de plusieurs hôpitaux ont joint les rangs du SEH. C’est une bonne nouvelle – surtout pour celles et ceux qui travaillent à l’hôpital MSA d’Abbotsford, qui doit être réaménagé en hôpital PPP. Là, Sodexho a écopé d’une amende pour avoir violé les lois sur les accidents du travail et sur la santé et la sécurité. Dans un des cas, un travailleur à contrat a été exposé à des déchets biologiques dangereux parce que les procédures en santé et sécurité de Sodexho avaient été élaborées pour le secteur hospitalier.

En Grande-Bretagne, une nouvelle recherche lie la réduction des coûts et la sous-traitance des services d’entretien ménager dans les hôpitaux à une baisse des normes de nettoyage et à une hausse du risque de propagation des infections. Le rapport indépendant d’un chercheur de l’Université Cardiff a été commandé par UNISON, l’équivalent britannique du SCFP.

Le nombre de travailleuses et de travailleurs du nettoyage en Grande-Bretagne a diminué presque de moitié depuis 20 ans. En conséquence, il y a eu montée en flèche des infections qui ont tué au moins 5 000 personnes par année et coûté au système de santé plus de 1 milliard de livres, selon UNISON. Les cas d’infection par une superbactérie potentiellement mortelle, le SARM, ont triplé depuis dix ans. Cliquez sur www.unison.org.uk pour en savoir plus sur le rapport et sur la campagne « Think Cleaners » (Le nettoyage : pensez-y) du syndicat.