Le président national du SCFP Paul Moist répond aux mythes qu’entretient la FCEI sur la bonification du RPC.

La lettre ci-dessous, rédigée par Paul Moist, président national du SCFP, répond à une récente lettre ouverte de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, « Mandatory CPP tax boost no solution for Canadians », publiée dans le Vancouver Province.

Au rédacteur en chef,

Les faits sont là : le Canada est devant une crise de la sécurité des revenus de retraite. Les preuves sont si flagrantes qu’en les niant, la FCEI frôle le ridicule.

En ce moment, plus de 11 millions de Canadiens n’ont pas de régime de retraite au travail. Seulement le quart des Canadiens cotisent à un REER. De toute façon, ce modèle s’avère, pour la plupart des gens, inefficace; il ne leur permet pas de toucher un revenu décent à la retraite.

Selon un rapport récent de la CIBC, près de la moitié des Canadiens nés dans les années 1960 se retrouveront avec un revenu à la retraite inférieur à 80 pour cent de ce qu’ils gagnaient au travail. Six Canadiens sur dix nés entre 1985 et 1989 connaîtront le même sort. À l’inverse, seul un Canadien sur quatre né avant ou peu après la Seconde Guerre mondiale a connu une baisse de revenu à la retraite.

Pour éviter cette crise évidente, il nous faut bâtir sur les réussites du RPC. Le Régime de pensions du Canada est bien géré, profitable et entièrement financé par les employés et leurs employeurs. Il est suffisamment alimenté pour les 70 prochaines années.

Aucune bribe de donnée empirique crédible ne vient appuyer les prétentions voulant que les cotisations au RPC constituent un impôt sur la masse salariale ou qu’elles nuisent à l’emploi. Présenter la cotisation de l’employeur comme un impôt est fallacieux; perpétuer ce mythe est carrément trompeur.

La bonification des prestations du RPC par le truchement d’une hausse graduelle des cotisations constitue la solution la plus efficace et la plus abordable afin d’assurer au plus grand nombre possible de Canadiens une retraite digne et un revenu décent.

Salutations sincères,


Paul Moist

Président national du Syndicat canadien de la fonction publique