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Au début des années 1980, la campagne vigoureuse du SCFP pour éliminer l’amiante des écoles, des hôpitaux et des autres édifices publics a porté fruits. Mais de nombreuses sections locales s’aperçoivent que la bataille est loin d’être terminée, alors que les membres du SCFP sont confrontés à une nouvelle vague d’exposition à l’amiante dans leurs lieux de travail.

Bien que des efforts pour éliminer l’amiante sont faits, actuellement, des rapports des sections locales dans tout le Canada, au Service de santé et sécurité du bureau national, sonnent l’alarme à nouveau. Les employeurs et les gouvernements semblent avoir oublié les efforts importants que le SCFP, les autres syndicats et les activistes en santé et sécurité ont faits pour protéger les travailleuses et travailleurs contre les expositions à l’amiante.

Par exemple, on ordonne aux concierges des écoles et des hôpitaux d’exécuter des tâches que certains employeurs classifient comme représentant un « risque peu élevé » ou un « danger minimal ». Une partie de ce travail consiste à enlever l’amiante ou matières contenant de l’amiante dans le cadre de leurs tâches d’entretien. On tait la vérité à ces personnes en ce qui a trait aux dangers d’une exposition à l’amiante et on ne leur donne pas non plus de formation pour travailler avec cette matière dangereuse.

Un danger invisible généralisé

Il serait difficile, même aujourd’hui, de trouver un édifice public au Canada qui ne contient pas d’amiante sous une forme ou une autre. Un matériau appliqué par pulvérisation à base d’amiante a été largement utilisé, entre 1945 et 1972, dans la construction de la plupart des édifices publics. On peut trouver de l’amiante autour des conduites de chauffage et de conditionnement de l’air. En plus d’être pulvérisé comme matériau ignifuge sur les structures comme les poutres d’acier suspendues, les murs et les tuyaux, l’amiante a été largement utilisé dans les plafonds, les carreaux insonorisants et les carrelages.

Les carreaux de plafond contenant de l’amiante sont une source d’exposition s’ils sont endommagés ou s’ils s’effritent. Par exemple, de nombreux carreaux de plafond dans les gymnases des écoles sont endommagés par les ballons, ce qui libère de minuscules fibres d’amiante dans l’air.

Les fibres d’amiante sont microscopiques, elles ne peuvent donc être examinées à l’œil nu. Il faut plus d’un million de fibres, bout à bout, pour couvrir un mètre. Une fois dans l’air, les fibres ne pèsent presque rien et flottent dans l’air presque indéfiniment, faisant invisiblement leur travail mortel. Une fois dans l’organisme, les fibres ne peuvent plus être détruites et le corps ne peut plus s’en débarrasser non plus.

Et c’est là que les problèmes commencent. L’amiante est un cancérogène bien documenté. Il n’y a pas de remède pour le cancer relié à l’amiante ni pour une autre maladie appelée amiantose, qui cause une cicatrisation des poumons là où les fibres d’amiante se logent. La période de latence de ces maladies est longue : 20 ans ou plus peuvent s’écouler avant que la maladie n’apparaisse.

Le mésothéliome est un des cancers qui se développe sur la paroi des poumons et de l’estomac. Cette maladie douloureuse et mortelle n’est qu’une des raisons, réelles et impérieuses, pour éliminer l’exposition à l’amiante. Le mésothéliome a déjà tué un certain nombre de membres du SCFP dans les écoles. Ces personnes n’ont pas été exposées à une grande quantité de fibres d’amiante comme les employeurs et le gouvernement aimeraient qu’on le croit.

On prédit une épidémie internationale

La crise de l’amiante dépasse les frontières canadiennes; en effet, des indices laissent croire que l’amiante tuera un nombre sans précédent de travailleuses et travailleurs partout dans le monde. Les chercheurs font des mises en garde à l’effet qu’une épidémie de cancer attribuable à l’amiante en Europe de l’Ouest sera responsable du décès de quelque 500 000 personnes. En janvier, la Campagne de recherche sur le cancer de la Grande-Bretagne a précisé que son étude sur l’épidémie en Europe devrait sonner l’alarme partout. Le docteur Julian Peto, chef du département d’épidémiologie de l’Université de Londres et auteur de l’étude, met en doute les affirmations à l’effet qu’il est possible de contrôler l’utilisation de l’amiante. Lorsque le Globe and Mail lui a demandé qui a la capacité de manipuler, en toute sécurité, les produits de l’amiante sur le marché, le docteur Peto a répondu carrément : « Personne. »

Le SCFP veut éviter une épidémie causée par l’amiante au Canada. Ce qui signifie qu’il faut prendre des mesures immédiates. Toutes les sections locales doivent exiger que leurs lieux de travail soient inspectés pour détecter la présence de l’amiante. Il faut inventorier et étiqueter les endroits où on retrouve des matériaux à base d’amiante et il faut prendre des mesures pour éviter toute exposition. La position du SCFP est que la seule façon de contrôler les expositions à l’amiante est la suivante : enlever l’amiante des lieux de travail une fois pour toutes. Les travailleuses et travailleurs ne laisseront pas les employeurs jouer avec leur santé. Le coût en est trop élevé.

Anthony Pizzino

Pour obtenir des renseignements supplémentaires ou de l’aide, vous n’avez qu’à communiquer avec le Service de santé et sécurité du bureau national du SCFP.