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Les Canadiennes et Canadiens s’opposent aux « partenariats publics-privés » pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour des questions de qua-lité, d’accès et de sécurité.

Mais le plus souvent, les PPP ne sont pas mauvais uniquement pour les citoyens, les travailleurs et les consommateurs, hommes et femmes. Ils sont également mauvais pour les contribuables, augmentant les coûts à court et à long termes.

Il est probable que le plus inutile de tous se trouve au Nouveau-Brunswick, où Raymond Léger, chercheur au SCFP, a passé au travers de 3 000 pages de documents détaillant l’entente entre la province et la Maritime Road Development Corporation afin de cons-truire et de gérer un tronçon de la route trans-canadienne entre Moncton et Fredericton.

Les contribuables du Nouveau-Brunswick paieront plus de 2 milliards de dollars à la MRDC pour une autoroute dont la construction coûtera 580 millions de dollars à construire. Le coût pour l’entretien de l’autoroute par une équipe privée sera beaucoup plus élevé que si les membres du SCFP qui travaillent pour le ministère des Transports le faisaient. Et il ne faut pas oublier d’ajouter les péages chaque fois qu’ils emprunteront l’autoroute!

 

Aucun risques, profits élevés

 

En vertu de cette entente, la province paie pour la construction de l’autoroute (580 millions de dollars sur quatre ans), pour l’entretien de l’autoroute (300 millions de dollars sur 30 ans), pour la gestion du système de péage (140 millions de dollars sur 30 ans) et pour la TPS pendant 30 ans. La province renonce également à la taxe de vente provinciale. De plus, la province paie 10 millions de dollars pour le travail d’inspection qui serait habituellement fait par les travailleuses et travailleurs de la voirie membres du SCFP.

Ayant payé pour le tout, la province loue quand même l’autoroute pour 26 ans, payant 1,5 milliard de dollars plus les intérêts sur la dette pour construire l’autoroute.

Et quel en est l’avantage pour la province? Six cents millions de dollars en revenus de péage et 2 millions de dollars en concessions. Le coût net pour la province? 1,9 milliard de dollars. Le profit net pour les entrepreneurs? 1,4 milliard de dollars!

 

Le travail en régie permettrait d’économiser des millions de dollars

 

Une comparaison des coûts d’entretien est particulièrement intéressante. La province doit payer 7,6 millions de dollars par année à la MRDC pour l’entretien régulier. Cela revient à quelque 19 500 dollars du kilomètre (deux voies). Le coût d’entretien actuel par les équipes du SCFP au Nouveau-Brunswick s’élève en moyenne à 5 000 dollars du kilomètre (deux voies).

Cela signifie que la province paiera près de 5 millions de dollars de plus à la MRDC qu’elle en dépenserait pour entretenir les routes avec ses propres équipes. Même si la nouvelle autoroute nécessitait un niveau plus élevé d’entretien que les normes actuelles, il y a suf-fisamment de place pour économiser de l’argent en maintenant le travail « en régie ».

Tout de même, les PPP fournissent les moyens pour que les multinationales accaparent les profits alors que les contribuables paient le prix et que les bons emplois sont mis en jeu.


Note

Dans le dernier numéro de S’Organiser, nous vous avons parlé de l’efficacité des mécaniciens de la section locale 46 de Medicine Hat. Nous avons mentionné le coût d’entretien par kilomètre, mais une décimale a été placée au mauvais endroit dans le processus. Le coût du garage municipal était de 4,78 sous du kilomètre; l’entreprise privée 6,48 sous, soit un tiers de plus!