La prestation des soins de santé par le secteur public est viable : en fait, elle est beaucoup plus rentable que la prestation privée à but lucratif. Elle est aussi garante d’un degré plus élevé de qualité et de transparence.

Les dépenses de santé se sont maintenues à 8 pour cent du revenu national (produit intérieur brut)1, mais leur progression ralentit; elles ont augmenté de 3,3 pour cent  seulement en 2011 et de 2,9 pour cent  en 2012, comparativement à la hausse annuelle de 7 pour cent  relevée pour les dix années antérieures.2 Depuis 35 ans, les dépenses relatives à l’assurance-maladie (soit les services dispensés à l’hôpital et par les médecins) sont demeurées encore plus stables, soit 4 pour cent  ou 5 pour cent  de la valeur du PIB.3.

La plupart des pays semblables au nôtre dépensent les crédits alloués à la santé dans le secteur public; la proportion est de 80 pour cent  dans dix pays de l’OCDE par rapport à 70 pour cent  au Canada, ce qui nous situe dans le tiers inférieur de la liste.4

En santé, les principaux facteurs de coût se trouvent du côté du secteur privé : médicaments; médecins; produits médicaux; partenariats public-privé; et prestataires à but lucratif de diagnostics, d’interventions chirurgicales, de soins dentaires, de physiothérapie, de soins continus et de soins oculaires, entre autres.

  • De 1989 à 2010, les dépenses engagées dans le secteur privé représentaient de 25 pour cent  à 30 pour cent  du budget total de la santé.5
  • Depuis 1975, la part du budget de l’assurance-maladie réservée aux médicaments d’ordonnance a augmenté de 1,7 pour cent  à 8,5 pour cent .6
  • La rémunération des médecins s’est accrue plus vite que l’inflation; c’est le poste budgétaire qui augmente le plus rapidement,7 principalement en raison de la hausse des honoraires8 .
  • De 1988 à 2009, les paiements versés aux régimes privés d’assurance-maladie ont augmenté de 139,40 $ à 664,10 $ par habitant.9
  • Depuis 30 ans, l’Ontario dépense 75 pour cent  de plus dans les laboratoires à but lucratif que dans les laboratoires publics à but non lucratif, et ce, pour les mêmes analyses.10
  • Les partenariats public-privé coûtent 83 pour cent  plus cher à financer que les projets publics.11

Contrairement à que certains prétendent, ce ne sont ni les personnes âgées, ni les hôpitaux ou la main-d’œuvre qui font exploser les coûts de la santé.

  • L’accroissement des dépenses attribuable au vieillissement de la population est gérable : il se situera autour de 1 pour cent  dans les 25 prochaines années.12
  • Les dépenses engagées dans les hôpitaux ont diminué : en 2009, elles représentaient 36 pour cent  des coûts de santé, comparativement à 55 pour cent  en 1975.13
  • La masse salariale, qui atteignait 75 pour cent  du budget de fonctionnement des hôpitaux vers la fin des années 1970, a diminué; en 2008, elle s’établissait à tout juste au-dessus de 60 pour cent .14

Si les gouvernements consacrent aujourd’hui une plus grande part de leur budget aux soins de santé, c’est qu’ils ont réduit considérablement leurs revenus et d’autres dépenses. Du milieu des années 1990 à la fin des années 2000, les administrations fédérales successives ont consenti des réductions d’impôt équivalant à 6 pour cent  de la valeur du PIB, alors que l’augmentation des coûts de l’assurance-maladie représentait 1,5 pour cent  de la valeur du PIB.15

Notre système public de santé nous procure de bons soins à un faible coût. Nous y consacrons à peu près la moitié de ce qui se dépense par personne dans le système privé aux États-Unis,16 mais nous jouissons d’une meilleure couverture et obtenons de meilleurs résultats.

  • Toute la population canadienne bénéficie de l’assurance-maladie, alors qu’aux États‑Unis, 49 millions de personnes en sont dépourvues17 et 25 millions d’autres citoyens ont une couverture insuffisante18 .
  • Chaque année, plus de 26 000 Américains meurent parce qu’ils n’ont pas accès à l’assurance‑maladie.19
  • Les problèmes de santé sont la première cause de faillite personnelle aux États-Unis.20
  • Les études comparant les résultats de santé en matière de crise cardiaque, de cancer, de chirurgie et de maladies chroniques montrent que le bilan du Canada est aussi bon, et souvent meilleur, que celui de son voisin.21

La prestation publique des soins de santé coûte moins cher que la prestation privée.

  • Les coûts de gestion ont augmenté de 16,7 pour cent  au Canada (1,3 pour cent  dans le régime public), comparativement à 31 pour cent  aux États-Unis.22
  • Les hôpitaux privés à but lucratif coûtent là-bas 19 pour cent  de plus que les hôpitaux sans but lucratif.23
  • Une étude canadienne récente révèle qu’une chirurgie du genou « accélérée » dans une clinique à but lucratif coûte 3 222 $ (avec de moins bons résultats lors du retour au travail), alors que la même intervention coûte 959 $ dans un hôpital public.24

« Les organismes privés à but lucratif doivent généralement engranger des profits de 10 à 15 pour cent  pour satisfaire leurs actionnaires. Les établissements sans but lucratif, eux, peuvent affecter cet argent au soin des patients.25 »

P.J. Devereaux, médecin et professeur d’épidémiologie clinique, Université McMaster

La prestation publique des soins de santé est plus sécuritaire que la prestation privée.

  • Les données indiquent que les patients traités dans une clinique de dialyse à but lucratif courent un risque de décès 8 pour cent  supérieur par rapport aux cliniques sans but lucratif. Un personnel moins nombreux et moins bien formé et la durée inférieure des traitements sont probablement les principales causes.26
  • Elles révèlent également que le taux de décès des adultes est 2 pour cent  supérieur dans les hôpitaux à but lucratif et la mortalité infantile, 10 pour cent  plus élevée. Si les hôpitaux étaient confiés au secteur privé, le nombre de décès augmenterait de 2 200 par an au Canada – un bilan plus élevé que les décès attribuables au suicide, au cancer du côlon ou aux accidents de voiture.27
  • Les maisons de soins infirmiers à but lucratif affichent des taux plus élevés en matière de plaies de pression, de déshydratation, de malnutrition, d’hospitalisation et d’autres problèmes associés à la qualité des soins.28

Du point de vue économique, le financement et la prestation des soins de santé par le secteur public est un choix intelligent; de plus, toute la population est assurée et reçoit des services de bonne qualité.