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La politique de Paul Martin en matière de santé : les contribuables financeront-ils les profits privés pour réduire leurs propres listes d’attente ?

le 25 mai 2004 3 h 02

(Ottawa) Les libéraux de Paul Martin prennent la chance de privatiser davantage au nom de la « réforme » de la santé, selon le dirigeant du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

« À moins de garanties que la prestation sera publique, le nouvel argent promis par Paul Martin dans la plateforme électorale d’aujourd’hui ira directement aux profits des entreprises au lieu de réduire les listes d’attente », affirme Paul Moist, président national du SCFP.

« Quatre milliards de dollars consacrés à la diminution des listes d’attente, cela semble impressionnant, sauf s’il s’agit d’argent destiné à remplir les coffres des grandes sociétés, souligne M. Moist. Rien, dans l’annonce d’aujourd’hui, n’assure à la population canadienne qu’une augmentation des dollars fédéraux destinés à la santé ne servira pas à gonfler les profits des entreprises grâce à des stratagèmes comme les partenariats public-privé (P3). »

« Nous avons vu ce qui se passe dans d’autres pays lorsque le financement augmente sans garantie de prestation publique », avertit Paul Moist, en mentionnant une recherche américaine récente qui montre que le taux de mortalité est plus élevé dans les établissements de santé à but lucratif que dans les hôpitaux publics.

Le British Medical Journal signalait la semaine dernière que la sous-traitance privée d’interventions chirurgicales coûte 40 % plus cher au service de santé public – au nom de la réduction des délais d’attente.

« Paul Martin tente de cacher ses véritables intentions parce qu’il sait que la population canadienne n’appuie pas la prestation à but lucratif des soins de santé », soutient Paul Moist.

M. Moist souligne que les sondages indiquent que les Canadiennes et les Canadiens veulent que les services publics comme la santé soient offerts par des travailleuses et travailleurs du secteur public, qui doivent rendre des comptes aux gouvernements, et non par des entreprises qui n’ont de comptes à rendre qu’à leurs actionnaires.

« La population canadienne veut que les soins de santé demeurent entre les mains du secteur public parce qu’elle sait que la prestation publique est plus économique et beaucoup plus comptable que les services à but lucratif, mais Paul Martin fait semblant de ne pas voir les faits pour récompenser ses amis du régime. »

M. Moist a rejeté un autre élément important du plan libéral qui crée un nouveau processus de règlement des différends pour l’application de la Loi canadienne sur la santé.

« Confier à un tribunal indépendant, formé de personnes nommées par le gouvernement, les décisions en matière de violation de la Loi n’est pas une bonne façon de faire respecter la loi fédérale, prétend Paul Moist. Si Paul Martin était vraiment sérieux en matière de soins de santé publics, il se conformerait à la loi du pays et ne se déchargerait pas de ses responsabilités sur un autre mécanisme sans visage et obscur. Nous avons besoin de fermeté, pas de fermeture. »

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Pour information :
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