Lee Saunders interview

Janet Szliske | Communications SCFP

Lee Saunders est le président de la Fédération américaine des employés municipaux, étatiques et de comté (AFSCME), qui représente 1,6 million de membres dans presque tous les États américains. La Réplique l’a interviewé après le discours enflammé qu’il a prononcé au congrès national du SCFP.

Qu’avez-vous à dire aux syndicalistes découragés par les attaques répétées contre le mouvement syndical?

Nous ne pouvons pas nous permettre de nous décourager. C’est ce qu’ils espèrent. Ils veulent nous frustrer. Il faut se tenir debout, tous ensemble. Il faut se rallier plus que jamais devant ces vicieuses attaques. Ils veulent nous voir abandonner; à nous de rester debout. Pour les services publics; pour les familles de travailleurs, syndiqués comme non-syndiqués; pour une économie en marche pour tous; pour que chacun ait une chance raisonnable de concrétiser son rêve d’une vie meilleure.

L’AFSCME vit une croissance phénoménale. Comment réussissez-vous à dialoguer avec vos membres ?

Il faut changer la ma­nière de faire du syndicat. Il faut consacrer des res­sources et du personnel à ces conversations. Aussi, il faut intéresser nos mem­bres à converser avec leurs collègues de travail. Nous y arrivons par le biais de formations, comme notre programme d’organisateur-membre bénévole où nous enseignons aux gens à parler. Nous espérons former 8 000 personnes qui pour­ront discuter avec leurs collègues à travers le pays. Nos affiliés participent pleinement à cet effort, mais, pour que ces conver­sations aient lieu, il faut aussi obtenir la participa­tion des militants et, ultimement, des membres. C’est le seul moyen d’y parvenir.

Que peut faire une section locale pour bâtir une action collective ?

Il faut d’abord intéresser ses membres, leur parler, les convaincre de participer à la vie de leur syndicat. Le syndicat est la force de ses membres et des actions que ceux-ci entreprennent. Il faut donc identifier les enjeux locaux auxquels sont confrontés ces membres, ce qui les préoccupe, les attaques qu’ils subissent. Puis, on élabore un plan, une stratégie. Enfin, on demande aux membres de participer et de s’unir, pour leur propre bien, pour leur gagne-pain, celui de leurs proches et celui de leur communauté. Je ne répéterai jamais assez l’importance d’établir une communication individuelle de base. Je crois que, dans le passé, on a fait l’erreur de cesser de parler, à cause de toute la technologie. On a cessé de se parler. Or, rien ne remplace le fait de parler avec les gens.

Comment encouragez-vous les syndiqués à rester forts, actifs et participatifs ?

Je commence par les écouter. Dans ces conver­sations-là, il ne faut pas leur dire « faites ceci, faites cela », parce que, dans bien des cas, c’est la première fois qu’on leur adresse la parole. Il faut écouter leurs intérêts et leurs frustrations avant de leur expliquer comment résoudre tout ça.