L’Ebola est une maladie virale grave qui provoque une fièvre hémorragique chez les humains et les animaux. Les maladies qui entraînent des fièvres hémorragiques s’attaquent au système vasculaire qui permet au sang de circuler dans le corps. Elles peuvent entraîner d’importantes hémorragies internes, la défaillance d’organes et, souvent, la mort.

Contexte

L’Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 lors de deux flambées qui se sont déclarées simultanément en Afrique, dont une près de la rivière Ebola, qui a donné son nom à la maladie. Il existe cinq types connus d’Ebola : Zaïre, Bundibugyo, Soudan, forêt Taï et Reston. Les trois premiers (Zaïre, Bundibugyo et Soudan) sont associés à d’importantes épidémies survenues en Afrique. Le type Reston n’est pas associé à la maladie chez les humains. Le virus responsable de l’épidémie de 2014 en Afrique de l’Ouest est de type Zaïre.

Symptômes

Des études récentes ont démontré que chez 95 pour cent des patients infectés par le virus Ebola, les symptômes apparaissent de 2 à 21 jours après l’infection. Les humains ne sont pas contagieux tant que les symptômes ne sont pas apparents. Les premiers symptômes sont une fièvre soudaine, une faiblesse et une fatigue intenses, des douleurs musculaires, des maux de tête et un mal de gorge. Lorsque la maladie progresse de nouveaux symptômes apparaissent : vomissements, diarrhée, éruptions cutanées, insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, hémorragies internes et externes comme le saignement des gencives ou du sang dans les selles. Les tests effectués en laboratoire révèlent de faibles taux de globules blancs et de plaquettes, ainsi qu’une élévation des enzymes hépatiques chez les personnes infectées. Les infections dues à l’Ebola ne peuvent être confirmées que par des analyses en laboratoire.

Transmission

La transmission d’une personne à une autre par un individu infecté est la transmission la plus susceptible de se produire en Amérique du Nord. L’Ebola peut se transmettre par contact direct (par des lésions de la peau ou des muqueuses des yeux, du nez ou de la bouche) avec :

  • le sang ou les fluides corporels (urine, salive, sueur, matière fécale, vomis, lait maternel ou sperme, entre autres) d’une personne atteinte de l’Ebola
  • des objets (comme les aiguilles et des seringues) qui ont été contaminés par le virus
  • des surfaces et des matériaux (literie et vêtements, par exemple) qui ont été contaminés par ces fluides

La transmission est plus probable lorsque des personnes infectées par l’Ebola sont symptomatiques mais qu’elles n’ont pas encore été diagnostiquées. En conséquence, les membres du SCFP qui sont travailleurs de la santé, premiers intervenants et agents de bord sont le plus à risque d’être exposés parce qu’ils peuvent entrer en contact avec du sang ou des fluides corporels contaminés de patients malades avant la mise en place de protocoles efficaces.

Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention ou CDC) précisent que l’Ebola ne se transmet pas par l’air ou l’eau. Toutefois, une personne non infectée court un risque élevé de contracter l’Ebola si elle se retrouve suffisamment près (1 mètre) pour entrer en contact avec des contaminants présents dans l’air en raison de la toux, d’éternuements, de diarrhée ou de vomissements importants (tous des symptômes associés à l’Ebola).

Les gens restent contagieux tant que leur sang et leurs fluides corporels, incluant le sperme et le lait maternel, contiennent le virus. Selon les CDC, les L’Ebola hommes qui se sont remis de la maladie peuvent toujours transmettre le virus par leur sperme pendant une période pouvant aller jusqu’à trois mois après leur guérison.

Enfin, rien n’indique que les moustiques ou d’autres insectes peuvent transmettre le virus Ebola. Seuls les mammifères (humains, chauve-souris ou singes, par exemple) ont montré la capacité d’être infectés par l’Ebola et de le transmettre.

Traitement

À l’heure actuelle, le pronostic d’une personne infectée par l’Ebola est mauvais. L’estimation du taux de mortalité des personnes infectées par le virus Ebola est de 50 à 90 pour cent. Le taux de survie s’améliore considérablement avec des traitements de soutien, comme des soins de réhydratation avec fluides administrés oralement ou par intraveineuse, et par le traitement de symptômes spécifiques comme la douleur, la nausée, la fièvre et l’anxiété, de même que par la dialyse, en cas d’insuffisance rénale. Dans des cas extrêmes, on a eu recours à des transfusions de sang et à des coagulants pour réduire les effets négatifs des hémorragies internes et externes. Toutefois, il n’existe présentement aucun traitement entièrement efficace contre l’Ebola.

Prévention et contrôle

Le SCFP croit que tout travailleur susceptible d’être exposé au virus Ebola doit être protégé. Un équipement de protection individuelle (EPI) adéquat et une formation sur son utilisation et les procédures connexes doivent être fournis avant un incident d’exposition potentielle. Tous les travailleurs ont le droit de refuser de faire un travail qu’ils croient dangereux, ou pour lequel ils n’ont pas reçu de formation adéquate.

Les membres du public sont à faible risque mais, à cause de la gravité de la maladie, tout le monde a un rôle à jouer pour prévenir sa transmission. L’Organisation mondiale de la santé note d’ailleurs que « la participation de la communauté est essentielle pour juguler les flambées. La sensibilisation aux facteurs de risque de l’infection par le virus Ebola et aux mesures de protection possibles est un moyen efficace pour réduire la transmission chez l’homme. »

La première façon de maîtriser toute flambée d’Ebola est que le public reste calme mais vigilant. Bien que la plupart des gens courent peu de risque d’être exposé au virus, il est important d’en reconnaître les symptômes et de signaler tout cas à un établissement médical pour examen. Beaucoup des premiers symptômes ressemblent au début d’un rhume ou d’une grippe, mais toute personne qui manifeste ces symptômes, incluant une fièvre, et qui s’est trouvée dans un endroit où elle aurait pu être infectée, doit d’abord communiquer avec les services de santé publics locaux ou, si elle est dans l’impossibilité de le faire, s’adresser aux systèmes d’info-santé provinciaux énumérés à la fin de la présente fiche pour obtenir des conseils. Les personnes responsables lui diront si elle doit se rendre à l’urgence ou lui communiqueront toute autre mesure à prendre pour recevoir un traitement.

Les cas soupçonnés ou confirmés d’Ebola sont mis en quarantaine. Une équipe de spécialistes s’efforce alors de trouver les personnes qui auraient pu être en contact avec le malade, en particulier pendant la période au cours de laquelle les symptômes sont apparus. Ceux qui ont été en contact ont peu de chance de transmettre la maladie, à moins qu’ils commencent à montrer des symptômes. Il est donc important de surveiller la santé des groupes identifiés pendant 21 jours et de séparer les personnes en santé des malades pour empêcher la transmission de la maladie.

Les membres du SCFP qui ne travaillent pas dans un milieu médical, mais qui font quotidiennement affaire avec le public et qui s’inquiètent d’une contamination potentielle peuvent aussi prendre des mesures de prévention. Il faut inciter les employeurs à fournir des masques N95 aux travailleurs et des masques jetables gratuits pour les clients et promouvoir le nettoyage des mains avec un désinfectant approuvé. Les travailleurs en contact avec le public doivent se désinfecter fréquemment les mains et désinfecter les surfaces de leur poste de travail. Il faut maintenir une distance adéquate avec toute personne montrant des symptômes et éviter de se toucher le visage ou le cou.

Le port de gants peut donner un faux sentiment de sécurité. À moins que vous manipuliez des articles susceptibles d’être contaminés ou que vous ayez une plaie ouverte sur la main, le port de gants n’apporte qu’une minime protection supplémentaire. Évitez de vous toucher le visage ou le cou, que vous portiez des gants ou non.

Le traitement des personnes infectées doit être administré par des travailleurs de la santé qui observent minutieusement un protocole de séparation de niveau élevé avec la personne infectée et qui utilisent certaines techniques précises de nettoyage et de désinfection. Le SCFP a rédigé plusieurs fiches contenant des recommandations en matière de protection professionnelle contre le virus Ebola à l’intention des groupes suivants :

  • fournisseurs de soins de santé
  • personnel de soutien en santé
  • ambulanciers paramédicaux
  • agents de bord

Contactez le Service de santé et de sécurité du SCFP pour obtenir cette information.

Prévention de la transmission résiduelle

Malgré la réalisation d’études scientifiques, on ne sait pas exactement pendant combien de temps le virus Ebola peut survivre à l’extérieur du corps humain sur des surfaces contaminées. Des estimations de plusieurs jours ne sont pas déraisonnables. Ainsi, les surfaces, les vêtements, les objets et d’autres matériaux contaminés peuvent transmettre la maladie pendant une assez longue période. Tant que chaque surface ou objet n’a pas été correctement décontaminé, des mesures de protection doivent rester en place.

Le virus Ebola peut être éliminé par la chaleur, des produits à base d’alcool ou de l’eau de Javel. Selon l’Agence de la santé publique du Canada, le virus Ebola est sensible à l’acide acétique à 3 pour cent, au glutaraldéhyde à 1 pour cent, aux produits à base d’alcool et à une exposition de 10 minutes à des solutions d’eau de Javel de 5,25 pour cent diluée à 1:10 (hypochlorite de sodium) et d’hypochlorite de calcium (poudre de blanchiment). Pour les surfaces qui peuvent se corroder ou se décolorer, on recommande un nettoyage minutieux pour enlever les taches visibles, suivi d’un contact avec une solution d’eau de Javel à 5,25 pour cent diluée à 1:10 pendant plus de 10 minutes. Pour d’autres surfaces, l’Ebola sera neutralisé en impliquant une chaleur à 60°C pendant au moins 60 minutes ou par une ébullition d’au moins cinq minutes. L’irradiation gamma (1,2 x 106 rad à 1,27 x 106 rad) en association avec du glutaraldéhyde à 1 pour cent est également efficace pour rendre le virus inerte.

Services téléphoniques provinciaux

Colombie-Britannique,
Nouveau Brunswick,
Nouvelle-Écosse,
Québec,
Île du Prince Édouard
811
Alberta 1-866-408-5465
Saskatchewan 1-877-800-0002
Manitoba 1-888-315-9257
Ontario 1-866-797-0000
Terre-Neuve et Labrador 1-888-709-2929

Une bonne partie de l’information contenue dans la présente fiche est tirée des sources suivantes :

Pour tout renseignement supplémentaire, veuillez communiquer avec :

Service de santé et de sécurité du SCFP
1375, boulevard St. Laurent
OTTAWA, ON  K1G 0Z7

Tél. : (613) 237-1590
Téléc. : (613) 237-5508
Courriel : sante_securite@scfp.ca