Willy Blomme | Service des communications du SCFP

La menace climatique est devenue réalité. Les experts scientifiques nous mettent en garde depuis des décennies sur les dangers des changements climatiques et leurs prédictions sont en train de se vérifier.

Des événements climatiques extrêmes se produisent. On n’a qu’à penser à l’ ouragan Sandy et la sécheresse qui a dévasté la Californie. La ville de Pangnirtung au Nunavut a été forcée de déclarer l’état d’urgence lorsque son pont principal s’est effondré à cause de l’enfoncement du sol causé par la fonte du pergélisol. De nombreux habitants ont ainsi été privés de services médicaux essentiels.

En raison de la hausse du niveau des mers, les gouvernements des Maldives, du Tuvalu, des Kiribati et de d’ autres petits États insulaires doivent élaborer des plans pour déplacer tous les habitants des zones de faible altitude.

Pour vous convaincre encore davantage, écoutez le poème que Kathy Jetnil-Kijiner (en anglais) des Îles Marshall a écrit pour sa fille. Elle prie pour qu’elle soit épargnée par les vagues qui vont bientôt engloutir leur île. En entendant ce poème récité en anglais à la cérémonie d’ ouverture du récent sommet des Nations Unies sur le climat à New York, plusieurs des chefs d’État présents ont été émus aux larmes. 

Mais si nos dirigeants politiques sont véritablement touchés par l’ état de la planète, pourquoi y a-t-il si peu d’actions d’entreprises pour résoudre la crise des changements climatiques? La journaliste et auteure primée Naomi Klein avance une réponse dans son dernier ouvrage This Changes Everything (en anglais). Selon elle, le « système économique et le système écologique sont en guerre l’ un contre l’autre ». Clairement, la course sans fin pour la croissance et les profits est nuisible aux fonctions vitales de notre planète. 

Le conseiller aux investissements énergétiques chez Green Peace International, Gyorgy Dallos, est également de cet avis. « Le système financier, moteur de l’économie mondiale, repose lourdement sur les industries responsables des changements climatiques, c’ est-à-dire le pétrole, le gaz et le charbon. Et sur cette planète souffrante, ce sont les populations vulnérables du monde qui paient le plus gros prix », explique-t-il.

L’ opposition entre les profits et la justice n’est rien de nouveau pour le mouvement syndical. Prendre la défense des travailleurs et de leurs familles contre de grandes entreprises qui ne pensent qu’ à accroître leurs bénéfices avec l’aide des gouvernements, c’ est la raison d’être des syndicats. « Les syndicats se sont toujours battus pour l’ égalité. La lutte pour la justice climatique est une lutte pour le respect de la Terre et de tous ceux qui en dépendent pour avoir un niveau de vie décent », a soute­nu le chercheur principal en environnement du SCFP national, Matthew Firth.

Même si nous sommes déjà en plein cœur de la crise climatique, les experts affirment qu’il est encore temps d’éviter la catastrophe. Mais d’après Naomi Klein, pour saisir cette ultime chance, nous avons besoin d’ une « révolution populaire », d’ un mouvement social à grande échelle, un peu comme celui qui avait suivi la Grande Crise. Le combat entrepris alors contre un système économique inéquitable avait mené à l’instauration de règlements et de programmes pour proté­ger les travailleurs et leurs familles. Les syndicats ont joué un rôle crucial dans ce mouvement et sont tout aussi essentiels aujourd’hui dans la lutte pour la justice climatique.

Tout comme ses partenaires du Réseau Action Climat et de la Confédération syndicale internationale, le SCFP réclame une transition juste pour les travailleurs afffectés par la lutte aux changements climatiques.

Photo : Le pont sur l’autoroute menant à Elbow Falls en Alberta a été emporté par les inondations monstres qui ont aussi déferlé sur High River et Calgary en juin 2013.