Adopter les meilleures pratiques pour l’équité et les finances publiques

Le 6 novembre, l’Union des consommateurs a accueilli plusieurs intervenants et intervenantes de renom pour une journée traitant de l’avenir de l’assurance médicaments au Québec. Une étude (Les Impacts Économiques de l’instauration d’un Régime Public et Universel) financée par le SCFP-Québec a fait partie du programme. La réunion a été parrainée par Jean Rochon, docteur en santé publique et ancien ministre de la Santé.

Des économistes, des politiciens, des compagnies d’assurances et pharmaceutiques, des groupes syndicaux et des groupes communautaires, notamment, ont été invités à échanger sur cet enjeu fort important. La journée a été animée par Alain Vadeboncoeur, urgentologue et chroniqueur médical.

«ll n’est plus temps de se demander si un régime entièrement public d’assurance médicaments est pertinent, mais bien quand il doit être implanté», affirme M. Rochon.

La journée a également été une occasion pour l’Union des consommateurs de souligner les 5 ans de sa Campagne d’appui en faveur d’un régime entièrement public d’assurance médicaments.

«Nous voulons envoyer un message à la classe politique, a expliqué Mme Élisabeth Gibeau, analyste à l’Union des consommateurs. Il est temps d’agir pour mieux contrôler le coût des médicaments au Québec. Les preuves sont là : des centaines de millions de dollars pourraient retourner dans les coffres du gouvernement».

Au cours de cette journée d’échanges ont été présentés, notamment, les résultats des recherches et les dossiers suivants :

  • Économies d’un régime entièrement public : recherche présentée par M. Marc-André Gagnon, professeur adjoint à l’École d’administration et de politique publique de l’Université Carleton.
  • Impacts économiques et fiscaux de l’élargissement de la couverture du régime public d’assurance médicaments : recherche présentée par M. Pierre-Guy Sylvestre, économiste au SCFP-Québec, et M. Yves Richelle, économiste et directeur chez Daméco;
  • Problèmes d’équité du régime actuel : dossier présenté par Mmes Mélanie Rioux et Isabelle Chicoine, conseillères budgétaires, et par Mme Claude Longpré-Poirier, avocate et coordonatrice du service VIH INFO DROITS de COCQ-SIDA.

Rappel de quelques données sur cet enjeu important

Le Canada est le deuxième pays le plus cher au monde, après la Suisse, pour ses médicaments. Les Canadiens les paient en effet 30% de plus qu’ailleurs dans les pays de l’OCDE.

Parmi les pays développés ayant un système de santé public, les provinces canadiennes, dont le Québec, sont les seules à ne pas avoir de régime 100% public d’assurance médicaments.

La facture annuelle en médicaments, par personne (prescrits et non prescrits): Québec = 1063$; Colombie-Britannique = 736$; Canada = 947$; Nouvelle-Zélande = 340$.

Au Québec, 43% de la population est assurée avec le gouvernement pour ses achats de médicaments. Le reste (57%) l’est par des régimes privés d’assurances collectives. Conséquence: pouvoir de négociation réduit pour le gouvernement face aux compagnies pharmaceutiques.

En Nouvelle-Zélande, où le régime d’assurance médicaments est entièrement public, un médicament populaire contre le cholestérol coûte 0,19$ la pilule… et 0,63$ au Québec (trois fois plus).

Photo : Flickr Laura Gilmore.