Les infections associées aux soins de santé (IASS) (également appelées infections nosocomiales) se développent chez certains patients qui y ont été exposés après avoir fréquenté un établissement de soins ou après avoir reçu des soins. Ces infections sont causées notamment par le Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) résistant à la méthicilline (SARM), l’Enterococcus (entérocoque) résistant à la vancomycine (ERV), la bactérie C. difficile et d’autres types de bactéries et de virus qui sont présents dans les établissements de soins de santé.

Leur incidence étant en hausse, ces infections entraînent des souffrances et des décès qui auraient pu être évités, sans parler du fait qu’elles pèsent lourd sur le système de santé ainsi que sur les patients et les familles.

  • Chaque année, au Canada, sur les quelque 220 000 infections associées aux soins de santé, on compte de 8 500 à 12 000 décès et ces chiffres sont en hausse.
  • Dans les hôpitaux canadiens, un patient sur neuf contracte une infection associée aux soins de santé.
  • Ces infections sont la quatrième cause de décès en importance au Canada.

Les cas d’infection par le Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) résistant à la méthicilline (SARM) dans les hôpitaux canadiens se sont multipliés par 17 de 1995 à 2006. Les cas de maladie associée au clostridium difficile (MACD) ont presque quintuplé entre 1991 et 2003. Les autres types d’infections associées aux soins de santé se manifestent aussi de plus en plus souvent.

D’après les estimations, le coût direct des infections associées aux soins de santé au Canada s’élève à un milliard de dollars par année. S’ajoutent à cela les coûts assumés par les patients et les aidants naturels, ainsi que les coûts des programmes de soins à domicile et communautaires.

Les souffrances et les décès entraînés par les IASS pourraient en grande partie être évités. Le Comité canadien sur la résistance aux antibiotiques estime que l’on pourrait prévenir au moins 30 pour cent des infections associées aux soins de santé.

Le nettoyage, le blanchissage et les autres services de soutien jouent un rôle vital lorsqu’il est question de stratégie de prévention et de contrôle des infections. Les agents pathogènes comme le C. difficile, l’ERV, le SARM, les norovirus (NV), l’influenza et le coronavirus associé au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) peuvent survivre longtemps dans l’environnement de soins, parfois même plusieurs mois. En fait, ces agents pathogènes infectieux sont fondamentalement adaptés pour survivre dans la poussière et sur les planchers, les ridelles, les téléphones, les boutons d’appel, les rideaux et toutes sortes d’autres surfaces. L’hygiène des mains est importante, mais si les bactéries et les virus ne sont pas éliminés de l’environnement, les mains se recontaminent rapidement.

Pour « briser la chaîne de transmission », il faut des équipes internes stables, bien formées et disposant des ressources nécessaires pour s’attaquer à tous les liens de transmission; il faut également des lits, des équipements et du personnel en nombre suffisant pour atteindre le taux d’occupation le plus efficace possible; des infrastructures et des équipements modernes et de qualité; ainsi que des normes obligatoires, des procédures normalisées de surveillance et une obligation de rendre compte au public.

Solution un : Augmentation du personnel d’entretien et de contrôle des infections, en assurant une formation adéquate et une continuité

  • Les dépenses des hôpitaux canadiens au chapitre des services de soutien ont chuté pour passer de 26 pour cent du budget total en 1976 à 16 pour cent en 2002. La grande partie de cette réduction provient de coupures dans le personnel, principalement dans le personnel de l’entretien ménager.
  • Des études cliniques et des vérifications ont établi un lien entre les éclosions d’infections associées aux soins de santé, d’une part, et le manque de personnel, l’augmentation de la charge de travail, le roulement élevé du personnel et une formation inadéquate, d’autre part.
  • Au Canada et en Europe, des établissements de soins hospitaliers ont démontré qu’investir davantage dans le personnel d’entretien et de contrôle des infections, ainsi que dans la formation et dans la stabilité de la main-d’œuvre a un effet à la baisse sur les taux d’infection.

Solution deux : Nettoyage plus rigoureux et fournitures appropriées

  • Les études et lignes directrices des spécialistes du contrôle des infections recommandent un nettoyage intensif avec des fournitures appropriées pour éradiquer les infections associées aux soins de santé.

Solution trois : Arrêt de la sous-traitance et rapatriement du travail déjà confié

  • La sous-traitance entraîne des coupures de personnel, une réduction des salaires et des avantages sociaux, une augmentation du roulement du personnel, une dégradation de la formation et une interruption des communications entre les services cliniques et les services de soutien. Roulement élevé, formation médiocre et perturbation du travail d’équipe sont autant de facteurs qui contribuent à l’apparition des IASS.
  • Les enquêtes sur les IASS au Royaume-Uni ont révélé que les taux d’infection ont atteint un sommet après que les services de soutien des établissements hospitaliers aient été coupés pour être confiés à des sous-traitants. L’Écosse et le Pays de Galles ont décidé de mettre un terme à cette pratique et de renverser la privatisation de l’entretien des hôpitaux pour mener une campagne agressive contre les IASS.

Solution quatre : Réduction du taux d’occupation

  • La surpopulation et le roulement rapide chez les patients nuisent gravement aux procédures de contrôle des infections et sont une cause majeure d’éclosion des infections.
  • À travers le Canada, le nombre de lits d’hôpital a diminué de 36 pour cent de 1998 à 2002 et le taux d’occupation a atteint 95 pour cent en 2005.
  • Aux Pays-Bas, où le taux d’infection à SARM est parmi les moins élevés, le taux d’occupation était de 64 pour cent en 2005.

Solution cinq : Normes obligatoires, surveillance et reddition de comptes au public

  • Les établissements de soins de santé devraient adopter des normes microbiologiques strictes pour remplacer l’actuelle norme d’« apparence de propreté » qui s’applique aux chambres et à l’équipement. Dans une étude menée au Royaume-Uni, les chercheurs ont conclu que 90 pour cent des salles qui avaient été déclarées propres à la suite d’une évaluation visuelle se sont avérées contaminés par un taux inacceptable de microorganismes à la suite de tests microbiologiques.
  • La déclaration publique obligatoire des taux d’infections associées aux soins de santé et du nombre de décès connexes par les établissements de soins et leurs divers départements est également nécessaire pour améliorer la transparence et la responsabilisation.