Un nombre croissant d’études démontrent qu’on devrait faire des services de garde une dépense publique prioritaire. Cette dépense est très largement compensée, à long terme, par ses répercussions économiques, sociales et sanitaires sur les enfants, les familles et l’ensemble de la société. Pourtant, le Canada est bon dernier parmi ses pairs au chapitre de l’investissement public dans les services de garde. Même si tout indique qu’il fait fausse route, le gouvernement fédéral conservateur persiste à mettre de l’avant des idées comme le fractionnement des revenus ou la Prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE).

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a fait bon sure une promesse électorale qui permettrait aux couples avec enfants de moins de 18 ans de fractionner leur revenu, jusqu’à concurrence de 50 000 $ par année, pour leur permettre de réduire leurs impôts d’un maximum de 2 000 $. Selon le rapport « Time to Grow Up : Family Policies for the Way We Live Now » du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), 89 pour cent des familles avec enfants d’âge mineur ne tireront aucun avantage du fractionnement de revenu mis en place par les conservateurs.

Malgré le coût important, les avantages sont très concentrées et exclut la plupart des familles. Elle profite à environ 2 millions de ménages, soit 15 % du total canadien. Les ménages à revenu élevé et moyen en bénéficient le plus. Selon le directeur parlementaire du budget (DPB).

La PUGE versera 160 $ par mois par enfant de moins de six ans, puis 60 $ par mois par enfant de six à dix-sept ans. C’est très peu considérant que cette prestation est censée permettre aux familles de choisir leur service de garde. Dans les faits, la PUGE ne fait rien pour régler le manque chronique de places abordables en garderie.

Partout au pays, on manque de places réglementées en garderie pour satisfaire les besoins des familles. On offre plutôt à ces dernières un bouquet de mesures peu utiles qui coûtent plus cher et donnent moins de résultats qu’un investissement direct dans un programme universel de garderies. Un tel programme offrirait de meilleurs choix aux parents.

Entre le fractionnement des revenus qui profitera uniquement aux riches et des prestations familiales qui ne permettent pas d’acheter des services de garde de qualité, on jette une somme énorme à la poubelle. Le Canada peut faire beaucoup mieux que cela. Les services de garde sont l’un des leviers les plus importants à la disposition d’un gouvernement qui veut aider les parents à équilibrer travail et famille. Si le gouvernement avait à cœur d’aider les familles avec enfants, il créerait des places en garderie de qualité. Repensons les services de garde. 

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