​Tiffany McLellan, de la section locale 4600 du SCFP, a récemment interviewé Mabelle Desamito Caboboy, une membre de l’exécutif de l’Alliance of Concerned Teachers (« Alliance des enseignants préoccupés » ou ACT) des Philippines. Elles ont discuté à Davao, sur l’île de Mindanao, en juillet 2016, juste avant que s’ouvre la Conférence internationale sur les droits de la personne aux Philippines. L’ACT est un partenaire du Fonds pour la justice mondiale du SCFP national.

Aux Philippines, près de 80 pour cent des enseignants sont des femmes. C’est pourquoi l’ACT veille à ce que 70 pour cent des postes au sein de son exécutif soient occupés par des femmes.

• Vous êtes membre de l’ACT depuis combien de temps ? Quel poste y occupez-vous ?

Je suis entrée à l’ACT en 2001, alors que j’étudiais à l’Université des Philippines à Diliman. Aujourd’hui, je porte plusieurs chapeaux.

En ce moment, je suis vice-présidente de l’Association des enseignants des écoles publiques de Quezon. J’en suis à mon second mandat. Je suis aussi vice-présidente du chapitre de Quezon de l’ACT de la région de la capitale nationale. Enfin, je suis secrétaire générale adjointe de l’ACT Philippines. Le Conseil national m’a désignée à ce poste en juin 2016.

• Quelles sont les principales préoccupations de vos membres ?

L’augmentation des salaires du personnel enseignant et non enseignant pose problème depuis quelque temps déjà. Ensuite, il y a le transfert de l’allocation complémentaire accordée au personnel enseignant et non enseignant de Quezon de la banque d’État Land à une banque privée, BPI-Globe Banko. Cet accord permet à une banque privée de tirer un profit des crédits de l’État. En outre, la refonte du programme scolaire public de la maternelle à la 12e année est fort problématique. Enfin, l’ACT se soucie beaucoup des difficultés des Autochtones de l’île de Mindanao, les Lumad.

• Pourquoi l’ACT appuie-t-elle les revendications des Lumad ? Comment exprime-t-elle sa solidarité avec les communautés Lumad ?

L’ACT appuie les revendications des Lumad parce que l’armée a fermé et pris possession de leurs écoles, un geste inconstitutionnel. Les élèves sont harcelés depuis 2005 et ils sont régulièrement évacués de leur communauté. Pour ces raisons, nous sommes coorganisateurs du réseau et de la campagne Save Our Schools (« Sauvons nos écoles » ou SOS). Cette campagne a pour but de faire cesser l’occupation militaire des écoles Lumad, de ramener le peuple Lumad sur ses terres ancestrales, de reconstruire leurs écoles et de leur redonner le contrôle de leur éducation. Le réseau SOS a participé au financement de l’achat de matériel scolaire pendant l’évacuation de septembre 2015.

• Que représente la solidarité syndicale internationale pour vous personnellement et pour l’ACT ?

Cela signifie que les syndicats philippins forment un bloc uni avec les enseignants et les syndicats du monde entier. Nous souhaitons être solidaires de la lutte contre l’impérialisme, la commercialisation de l’éducation et la privatisation de l’éducation. Nous voulons faire respecter le droit à l’éducation de tous les élèves, où qu’ils se trouvent dans le monde, ainsi que le droit des enseignants à se syndiquer.