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Des services publics de qualité pour nous tous

Des villes propres et vertes

Des villes propres et verts le 1 juin 2011 12 h 30

Les services municipaux de cueillette d’ordures ménagères sont essentiels à la qualité de vie de nos collectivités, à notre santé, à notre avenir environnemental et à l’image de nos villes et villages. Le défi, aujourd’hui, consiste à trouver des moyens de réduire la quantité de déchets que nous produisons et à capturer la valeur de ce que nous jetons, comme une autre ressource. Nous ne pouvons pas continuer à creuser des trous que nous remplissons de nos ordures ou à libérer les produits toxiques créés par leur élimination dans notre air et dans notre eau.

Pour relever ces défis, il est vital que les municipalités conservent l’obligation de rendre compte, une marge de manoeuvre acceptable et le contrôle des services de déchets solides. Lorsque ces services sont fournis par le secteur public, ils sont plus efficaces, plus respectueux de la durabilité et de l’environnement et plus transparents.

L’industrie privée des ordures fait valoir énergiquement ses services et profite du fait que les municipalités sont à court d’argent pour mettre le pied dans la porte des services municipaux. L’an dernier, un rapport de l’Institut C.D. Howe préparé pour l’industrie privée en Ontario soutenait que la sous-traitance permettrait aux villes d’économiser des millions de dollars. Une importante chambre de commerce a produit un rapport similaire. Mais après avoir étudié ces documents, le SCFP a conclu que les affirmations contenues dans les deux rapports étaient inexactes et spéculatives et qu’elles étaient basées sur une analyse boiteuse et faussée. D’ailleurs, les affirmations sont si exagérées que même les défenseurs de la privatisation à l’hôtel de ville de Toronto ont refusé de les corroborer.

Des études fiables concluent que le coût et l’efficacité des services d’ordures ménagères fournis par des employés municipaux sont comparables à ceux des services offerts par les sous-traitants privés. Rien ne montre systématiquement que la collecte des ordures sous-traitée au secteur privé coûte moins cher et soit plus efficace que celle qui est assurée par les employés publics. Et l’expérience récente au Canada le confirme.

En voici quelques exemples.

Sherbrooke, Québec

Sherbrooke a annoncé, en mars 2011, qu’elle rapatriait à l’interne ses services de collecte des ordures, ce qui lui fera économiser 750 000 $ par année. Des programmes de recyclage et de compostage efficaces permettent à la Ville de réduire la collecte des ordures à une fois toutes les deux semaines et ses propres employés peuvent prendre en charge le service, avec l’ajout d’un nouvel employé et d’un nouveau camion. Avant cette année, les travailleurs de la Ville ramassaient les ordures au centreville, pendant que les sous-traitants privés s’occupaient des quartiers périphériques.

Ottawa, Ontario

En 2006, la Ville d’Ottawa a rapatrié à l’interne ses services d’ordures ménagères dans l’une de ses six « zones ». Chaque année, le service public devenait plus efficace. En février 2011, le rapport d’un vérificateur indépendant concluait que les services internes avaient permis d’économiser plus de 5 millions de dollars en quatre ans.

Dans un rapport présenté au Comité de planification et d’environnement de la Ville en février 2010, le vérificateur d’Ottawa avait attribué les économies réalisées par les employés publics « à une optimisation du trajet, à une saine gestion des coûts de main-d’oeuvre et aux avantages d’un nouveau parc de véhicules [réduction des coûts d’entretien] ». Le vérificateur a souligné que le rendement financier global était le « reflet d’économies opérationnelles constantes et de la productivité d’un personnel dévoué et chevronné ».

Port Moody, C.-B.

En 2008, la Ville de Port Moody a rapatrié à l’interne ses services d’ordures ménagères et de recyclage après dix ans de prestation privée. L’entrepreneur oubliait constamment de ramasser des ordures et donnait un si mauvais service que la Ville devait envoyer des employés municipaux finir le travail.

Toronto, Ontario

En 2006, la Ville de Toronto a rapatrié à l’interne les services de collecte d’ordures et de recyclage de l’ancienne Ville de York lorsque le sous-traitant privé a voulu augmenter son contrat de 75 pour cent pour ajouter la collecte de déchets organiques à ses services. La Ville a pu absorber le service en réorganisant et en négociant avec son syndicat, ce qui lui a permis d’économiser plus de 4 millions de dollars par année.

Hamilton, Ontario

Depuis la fusion de 2000, la Ville de Hamilton fait ramasser les ordures par ses propres employés dans une moitié de la ville et par un entrepreneur privé dans l’autre moitié. Les travaux internes ont été systématiquement plus économiques que ceux du soustraitant, même si les employés de la Ville desservent le centre-ville, plus vieux. Un rapport publié en avril 2011 par le Comité des travaux publics confirmait que les services d’ordures ménagères offerts par les employés publics coûtaient 1,15 $ de moins par ménage que ceux du sous-traitant privé. La Ville a décidé d’étudier la possibilité de faire ramasser le recyclage, un service sous-traité depuis la fusion, par les employés publics.

En sous-traitant les services d’ordures, les municipalités perdent le contrôle et la marge de manoeuvre voulus pour mettre en oeuvre de nouveaux programmes de réacheminement des déchets comme le recyclage et le compostage. C’est en ramassant et en éliminant plus d’ordures, et non le contraire, que les sous-traitants gagnent plus d’argent.

Les services d’ordures ménagères doivent rester publics si nous voulons des villes propres et vertes et des services de qualité sur lesquels nous pouvons compter.

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