L’aide au développement peut atténuer les pires effets de notre système économique mondial et soutenir des communautés qui veulent agir pour diminuer leur pauvreté. La vision du gouvernement conservateur en matière d’aide au développement mine toutefois ce potentiel en liant l’aide internationale aux intérêts économiques du secteur des affaires.

Les mesures radicales qui ont entraîné des changements dans le rôle du gouvernement et de l’aide étrangère canadiens ont débuté avec les immenses compressions imposées en 2012 à l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Plus tard la même année, un rapport a été présenté sur le rôle du secteur privé dans l’atteinte du mandat du Canada en matière de développement international, puis, dans le budget fédéral de 2013, on annonçait quel’ACDI serait fusionnée au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAÉCI).

Ces changements, ainsi que l’abandon graduel des opérations de maintien de la paix en faveur d’interventions militaires plus nombreuses et l’inaction dans le dossier de l’environnement, ont été condamnés partout dans le monde. Notre gouvernement continue à soutenir les industries extractives canadiennes (pétrole, gaz, mines) implantées dans des pays coupables de graves violations des droits de la personne et du travail. En 2011, par exemple, le Canada a signé un accord de libre-échange avec la Colombie malgré les preuves de plus en plus nombreuses de violation des droits des travailleurs et des communautés du pays.

L’aide internationale canadienne fait maintenant clairement la promotion des intérêts économiques du Canada et est axée sur un modèle d’affaires qui ne tient aucun compte de la nécessité de créer des emplois acceptables, de protéger l’environnement et de respecter les droits de la personne. Une politique étrangère qui favorise le commerce équitable, l’autodétermination et une distribution plus équilibrée des ressources d’un pays, incluant sa capacité agricole et industrielle, est un préalable à un développement authentique et durable, à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté.

Le SCFP appuie les coalitions comme le Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI) et Common Frontiers, et joue un rôle actif au sein de nombreuses ONG et dans la communauté de la solidarité internationale pour contester les politiques régressives et nuisibles du gouvernement conservateur. Il est essentiel que les membres du syndicat appuient ces efforts en faveur d’un programme de développement international progressiste.