Fierté au SCFP
le 4 septembre 2000 8 h 00Le SCFP est déterminé à lutter contre l’injustice et s’efforce d’atteindre l’égalité pour tous ses membres, peu importe leur sexe, race, origine ethnique, handicap ou orientation sexuelle. À son Congrès national de 1991, il a créé le Comité national du triangle rose.
On a choisi le triangle rose parce qu’il était le symbole utilisé dans les camps de concentration nazis pendant la Deuxième guerre mondiale afin d’identifier les homosexuels pour les éliminer. Le symbole est maintenant reconnu internationalement comme le symbole de la fierté gaie et lesbienne.
Les études les plus fiables révèlent qu’environ 4 à 10 pour cent des gens s’identifient comme lesbiennes ou gais, et le nombre augmente quand les données tiennent compte des personnes qui s’identifient comme étant bisexuelles. Le pourcentage de 10 pour cent est cité le plus fréquemment.
Si on utilise ce pourcentage, cela voudrait dire qu’au Canada au moins 3 millions de gens ou, au SCFP, 48 000 membres, responsables et membres du personnel s’identifient comme lesbienne ou gai. Il est fort probable que les lesbiennes et les gais sont présents dans tous les lieux de travail du Canada. Malgré ce fait, on continue de fermer les yeux sur leur existence.
Homophobie et hétérosexisme
La raison pour laquelle les lesbiennes et les gais sont toujours l’objet de discrimination est complexe mais il y a un fait indéniable : le monde que nous connaissons toutes et tous et dans lequel nous vivons est fondé sur un modèle hétérosexuel.
La société dans son ensemble, que ce soit notre syndicat, la profession médicale, le système scolaire, le système judiciaire, les grands médias d’information ou les groupes religieux, prend pour acquis que tous les gens sont hétérosexuels et vivent au sein de relations hétérosexuelles. Souvent, les autres formes d’orientation sexuelle deviennent alors quelque chose d’« autre », qui peut éveiller les craintes des gens. La peur des lesbiennes et des gais ou homophobie, peut donner lieu à de la discrimination.
En tant que syndicalistes, il n’est pas plus acceptable de tolérer l’hétérosexisme que d’accepter le sexisme, le racisme ou le capacitisme. Nous devons faire notre propre éducation et celle de nos membres et être plus sensibles face à nos collègues lesbiennes et gais, leur assurant ainsi un environnement sûr.
Le mandat du Comité national du triangle rose est d’éduquer les gens avec l’intention manifeste d’éliminer l’homophobie par l’activisme et la visibilité. Nous ne pouvons faire ce travail seuls. Nous avons besoin du soutien et de l’engagement de tous les membres du SCFP, femmes et hommes, y compris les membres du Conseil exécutif et les membres du personnel afin que notre syndicat soit un meilleur syndicat.
Une autoévaluation qui relève du défi
Pouvez-vous imaginer ce que c’est que d’être une lesbienne ou un gai ou une ou un bisexuel dans notre société? Voici un autoexamen qui vous aidera à évaluer votre sensibilisation et compréhension sur la manière dont on se sent quand on est lesbienne ou gai dans un monde hétérosexuel et homophobe. À mesure que vous lirez le texte qui suit, essayez de vous imaginer dans votre maison, sur la rue et dans votre propre milieu de travail.
Marcher dans mes souliers
Vous vous réveillez par un beau matin de printemps. Vous prenez une douche, vous vous habillez et prenez votre petit déjeuner. Vous regardez dehors, appréciant le soleil radieux et remarquant les fleurs qui commencent à s’ouvrir. C’est une journée de travail… mais une journée très différente. Aujourd’hui, vous êtes une personne hétérosexuelle vivant dans un monde gai et vous faites partie de la minorité.
Vous ne vous sentez pas autre. Vous jetez un coup d’œil sur le journal du matin et écoutez la radio. Il est presque temps de partir pour aller travailler. Attendez…une manchette du journal attire votre regard : « Les droits à l’égalité accordés aux personnes « straight » mais le mariage est interdit. » Vous hochez de la tête alors que vous vous rappelez comment, il y a plusieurs années, on avait refusé d’accorder à votre partenaire la couverture de votre régime d’assurance collective parce que le système ne reconnaissait pas votre relation.
Les bandes dessinées racontent avec humour les contretemps dans une famille de deux hommes qui ont deux enfants. Vous vous demandez comment se porte votre propre père. Cela fait dix ans qu’il ne vous a pas parlé, en fait depuis que vous lui avez dit que vous étiez « straight ».
En route pour le travail, vous entendez une chanson percutante sur l’amour entre deux femmes. Puis vous entendez un bulletin de nouvelles. On accuse l’hétérosexualité non contrôlée pour l’explosion démographique récente.
Au travail, vous prenez votre pause café avec vos collègues. Comme d’habitude, tout le monde parle de leur partenaire de même sexe ou de leur nouvel amour de même sexe. Vous voulez partager votre propre expérience mais vous ne le pouvez pas, vous êtes hétérosexuel. Vous avez peur de leur réaction.
Un avis est distribué dans votre milieu de travail. Il annonce le mariage prochain de deux hommes qui travaillent dans un autre service. On organise une fête pour leurs amis et leurs partenaires. Vous savez, par expérience, que vous et votre partenaire de sexe opposé ne serez pas invités ou vous seriez mal à l’aise d’être présents à la fête.
À quelques pas de vous, d’autres travailleuses et travailleurs rient. Vous entendez par hasard la phrase-clef d’une blague qui est le genre d’humour le plus cruel concernant les stéréotypes hétérosexuels. Une personne ajoute un commentaire cru et vous voyez plusieurs membres du groupe rire encore plus fort.
Vous vous éloignez, un nœud dans l’estomac. Vous vous sentez très seul. Vous vous demandez si cela aurait pu aider si vous leur aviez dit combien la blague vous a offensé.
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