Logo du SCFP

La privatisation des soins de santé en C.-B.frappe durement les femmes

le 26 mai 2002 8 h 00

Le premier ministre Gordon Campbell, farouchement déterminé à démanteler et à privatiser le système de soins de santé public, s’attaque aux emplois de dizaines de milliers de femmes de la Colombie-Britannique. Le plan de privatisation du gouvernement libéral cible les femmes dans leurs maisons et dans leurs collectivités.

Les travailleuses et travailleurs de la santé tentent de se faire une image claire des compressions imposées par Campbell — cachées dans des documents secrets qui ont fait l’objet de fuites — et l’ampleur de la dévastation devient évidente. Les libéraux de Campbell ont l’intention d’éliminer près de 28 000 emplois dans le secteur de la santé, dont plus de 85 pour cent sont occupés par des femmes. Ce faisant, ils allongeront les listes d’attente et refileront des dépenses en santé s’élevant à 500 millions de dollars aux familles en Colombie-Britannique, obligeant ainsi les personnes malades et âgées à assumer le coût des compressions du gouvernement.

« Le gouvernement veut mettre en œuvre le plan de privatisation des soins de santé le plus poussé de l’histoire du Canada, aux dépens des travailleuses, de leurs familles et de leurs collectivités », dit Chris Allnutt, secrétaire et agent d’affaires du Syndicat des employées et employés d’hôpitaux (SEH), la division des services de santé du SCFP de C.-B.

Le SEH a dévoilé des documents secrets sur le budget montrant que 20 000 emplois du secteur de la santé seront éliminés au cours de la prochaine année dans le cadre d’un plan visant à privatiser des services de soins et de soutien aux patients équivalant à 700 millions de dollars. Ces documents du gouvernement révèlent que les « économies » de 70 millions de dollars qui devaient être réalisées en trois ans coûteront en fait 163 millions de dollars en indemnités de départ.

De plus, en vertu du plan des libéraux, 7500 autres emplois des services cliniques et de soutien disparaîtront à l’issue des compressions qui seront imposées au cours des trois prochaines années.

Certains de ces travailleurs et travailleuses pourraient retrouver un emploi dans le secteur privé, mais à des salaires inférieurs de 30 pour cent. Des dizaines d’années de luttes menées pour obtenir l’équité salariale s’envoleront en fumée. Des collectivités de toute la province seront directement touchées — les répercussions économiques des réductions salariales seulement pourraient atteindre 150 millions de dollars par année. À cause des compressions imposées aux programmes provinciaux de médicaments d’ordonnance et des réductions déjà annoncées dans la couverture de l’assurance-maladie, 500 millions de dollars de dépenses aboutiront sur la table de cuisine des individus et de leurs familles, ce qui aura encore d’autres effets sur l’économie locale. En effet, les commerces locaux souffriront, car les entreprises privées qui auront obtenu les contrats achèteront leurs fournitures à l’extérieur de la province ou du pays et exporteront leurs profits.

L’expérience montre que la charge de travail augmentera dans les emplois privatisés — de même que dans les emplois du secteur public qui resteront — ce qui accroîtra encore le stress des travailleuses et travailleurs de la santé des premières lignes. Déjà, le manque de personnel a fait grimper le taux d’accidents du travail au premier rang de toutes les industries de la province.

La privatisation des services de santé créera aussi plus de travail non rémunéré pour les femmes. À mesure que les services disparaîtront ou deviendront inaccessibles, le travail retombera sur les épaules des familles — ce qui augmentera encore le double fardeau que doivent déjà supporter de nombreuses femmes. Les femmes comptent sur les soins de santé publics — en tant que patientes (surtout les femmes âgées) et en tant que principales responsables des soins à donner aux enfants et aux membres malades de la famille.

L’attaque lancée par Campbell contre les femmes qui travaillent foule aux pieds leur énorme contribution à la collectivité. Les femmes assurent la sécurité économique de leur famille et s’occupent de parents âgés, tout en essayant de préparer un bon avenir pour leurs enfants.

« Les plans du gouvernement n’ont rien à voir avec l’économie ou avec de meilleurs soins aux patients, dit Allnutt. Ils ont tout à voir avec le transfert des dollars destinés aux soins de la santé publics dans les coffres des entreprises privées. »